Images et Mots
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" A l'ombre de la haine ",
      ( Monster's ball ),      2001, 
 
de : Marc  Forster, 
 
  avec : Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heath Ledger, Peter Boyle,
 
Musique : Asche & Spencer, Thad Spencer, Richard Werbowenko
















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   Hank Grotowski (Billy Bob Thornton) travaille dans le quartier des condamnés à mort, comme le faisait son père Buck (Peter Boyle) et comme le fera son fils Sonny (Heath Ledger), qui commence déjà, maladroitement, son apprentissage. L'exécution d'un condamné noir, Tyrell Musgrove, se prépare. Hank, dur et agressif, ne tolère aucune erreur de son fils, dont la sensibilité s'accommode bien mal de sa fonction. Pendant ce temps, Leticia Musgrove (Halle Berry), se prépare à assumer son veuvage et éprouve bien de la difficulté avec son fils, obèse et apathique... 
 
   Le film se divise clairement en deux parties. La première est celle de l'ombre, de la négativité la plus totale. Les drames s'y succèdent avec une violence abrupte et sauvage. Les personnages sont en osmose avec les événements. Hank est, tout comme son père, une brute qui ne connaît que l'agressivité et la haine. Même Leticia, dont on conçoit le traumatisme, tandis qu'elle attend l'exécution de son mari, ne manifeste guère de tendresse envers son fils.  
 
   Puis vient la seconde partie du film. Les personnages sensibles et "faibles" ont disparu. Ne subsistent que les êtres "forts", ou tout au moins qui se croient tels. Et, tandis que la moitié précédente était une course à la mort et au néant, qui ne laissait aucun répit au spectateur, cette seconde moitié va voir émerger, avec lenteur, timidité, maladresse, une étincelle. Dans le coeur de Hank, totalement cadenassé à l'origine, une minuscule fêlure va se produire. Et cette faille va petit à petit s'ouvrir pour laisser émerger, enfin, une lueur de tendresse qui ressemble à de l'amour.  
 
   Billy Bob Thornton est immergé totalement dans ce rôle. Son visage, déjà naturellement revêche et fermé, est en harmonie totale avec ce personnage d'homme sans affection qui reproduit, stupidement et machinalement, le tempérament odieux de son père (excellent Peter Boyle). Même lorsque s'amorce la petite ouverture qui transmutera sa vie et ses sentiments, son expression demeure fermée, comme si ce qui commençait à jaillir au fond de lui n'avait pas encore le droit d'être extériorisé.  
 
   Halle Berry, radieuse de beauté, compose son personnage avec une grande sensibilité.  
 
   Heath Ledger n'a qu'un rôle court. Mais il est assez extraordinaire de redécouvrir le "Chevalier" expansif et matamore du film homonyme de Brian Helgeland, dans le personnage sensible et attachant de Sonny. Comment oublier les quelques mots qu'il adresse à son père avant de mourir !  
 
   Une oeuvre magnifique. 


 
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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