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Balade entre les tombes,
     (A Walk Among the Tombstones),      2014, 
 
de : Scott  Frank, 
 
  avec : Liam Neeson, Maurice Compte, David Harbour, Laura Birn, Boyd Holbrook, Dan Stevens,
 
Musique : Carlos Rafael Rivera

  
   
1999. Matt Scudder (Liam Neeson) a quitté la police après une bavure involontaire. Devenu détective privé, il est chargé par un trafiquant de drogue, Kenny Kristo (Dan Stevens), de mettre la main sur les truands qui ont tué son épouse après l'avoir kidnappée. Matt fait le connaissance d'un ado black, TJ (Brian 'Astro' Bradley), débrouillard et désireux de devenir enquêteur...
 
   Dès les premières scènes, le sujet, le personnage principal ancien alcoolique, l'atmosphère glauque et pluvieuse de New York, l'enquête en solitaire, tout évoque les polars sombres des années cinquante, avec un Philip Marlowe qui prendra vie sur les écrans sous les traits de multiples vedettes de première grandeur, de Robert Mitchum à Humphrey Bogart, en passant par Elliott Gould ou Robert Montgomery. Mais, contrairement au héros créé par Raymond Chandler, Matt ne se montre guère attiré par la poésie, les échecs ou les concertos de Bela Bartók. À la rigueur il arbore le côté blasé ou résigné de son prédécesseur, mais c'est à peu près tout ce qu'il a en commun avec lui.

  Le scénario n'entreprend guère un approfondissement de sa psychologie, se contentant de le faire figurer à plusieurs reprises dans les réunions des alcooliques anonymes. La figure centrale du drame, volontairement ternie, de Scudder, se voit presque détrônée par l'atmosphère des lieux, qui est, par sa puissance évocatrice, une personnalité à part entière. La ville est noyée dans la nuit, dans une pluie incessante, et les quartiers déserts, sordides, deviennent une antichambre de l'enfer dans laquelle rôdent les trafiquants et les assassins. La recherche des tueurs en elle-même n'est guère captivante, ce qui ne surprend guère dans une création qui fonde manifestement sa singularité sur les ambiances et les décors. Nous sommes à mille lieues des investigations minutieuses et approfondies inondant les séries qui fleurissent depuis quelques années. Ce ne serait pas trop handicapant si l'intrigue offrait un minimum d'intérêt. Mais, en dehors de ses aspects glauques et barbares, elle n'a strictement rien à offrir. Pas plus, d'ailleurs, que les deux tueurs, simples bêtes sadiques et fauves à abattre. Lorsque l'histoire se termine, il ne reste pas grand chose à mémoriser, hormis le look toujours charismatique de Liam Neeson, et la noirceur permanente, aussi bien narrative que visuelle. En l'occurrence, cela ne suffit vraiment pas à enthousiasmer le cinéphile, aussi peu exigeant soit-il... 

   
Bernard Sellier