Images et Mots
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" Beaucoup de bruit pour rien ",   
  ( Much ado about nothing ),          1993, 
 
de : Kenneth  Branagh, 
 
  avec : Kenneth Branagh, Emma Thompson, Denzel Washington,
Keanu Reeves, Michael Keaton, Robert Sean Leonard, Kate Beckinsale,

 
Musique : Patrick Doyle
















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   Le Seigneur Leonato (Richard Briers), père de la belle Hero (Kate Beckinsale) et oncle de Béatrice (Emma Thompson) voit arriver dans sa demeure, de retour de guerre, Don Pedro d'Aragon (Denzel Washington), accompagné de son frère Don Juan (Keanu Reeves), avec lequel il s'est récemment réconcilié, et de ses compagnons, parmi lesquels Benedick (Kenneth Branagh), Claudio (Robert Sean Leonard). Ce dernier devient immédiatement amoureux fou de Hero. Don Pedro fait la déclaration pour le compte du jeune homme et le mariage est fixé pour le surlendemain. Don Juan, aigri et méchant, complote la ruine de l'union. Pendant ce temps, Béatrice et Benedick font assaut de moqueries et d'insultes réciproques...  
 
   Il y a bien longtemps que je n'ai pas lu la pièce de Shakespeare dont est tirée cette oeuvre. Est-elle fidèle à l'original, je l'ignore et j'avoue que cela m'importe bien peu, tant la joie qui explose de ce film balaie tout désir d'investigation littéraire. Dès l'ouverture, la voix charmeuse de Béatrice récitant, dans un chant murmuré, l'inconstance des hommes, est un moment de ravissement. Et le ravissement imprègne l'ensemble de cette tragi-comédie dans laquelle saignent les coeurs, hurlent les joies, s'invectivent les esprits brillants, virevoltent les bons mots, avec un entrain des plus communicatifs. Qu'importe les artifices du théâtre, ses conventions, le joyeux cabotinage délirant et assumé de Benedick ou, bien plus encore, de l'abracadabrant "Dogberry" (Michael Keaton), ils sont dissipés par une énergie de vie prodigieuse qui piétine toute contestation sur son passage.  
 
   Le temps est aboli. Que la scène se déroule au Moyen-Age ou au vingtième siècle, quelle importance ? Les émotions, les sentiments qui jaillissent des poitrines sont universels, transcendent les millénaires et l'espace. Rarement la caricature des personnages et la schématisation des élans humains ont eu la faculté de conduire à une telle impression de réalité individuelle, comme si chaque trouble, chaque exaltation affichée par l'un des acteurs entrait, par sa simplicité d'expression et sa stylisation extrême, en résonance avec sa correspondance éternelle en chacun de nous. En un éclair, on passe de la détresse la plus profonde à l'exubérance la plus follement débridée, et le bouleversement de notre cœur suit celui des personnages tel une ombre fidèlement compatissante. 
 
   La richesse de la distribution devient une cerise sur le gâteau presque superflue, tant chacun des instruments brillants qui illuminent le film se fond dans une orchestration homogène, cohérente et harmonieuse.  
 
   La musique de Patrick Doyle contribue à faire de cette réalisation un enchantement, un moment de pur bonheur à l'état naissant, qui dilate les coeurs et embrase les âmes. 
  
 
Bernard Sellier
 

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