Images et Mots
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" Le corbeau ",
               1943,  
 
de : Henri-Georges  Clouzot, 
 
  avec : Pierre Fresnay, Ginette Leclerc, Pierre Larquey, Noël Roquevert,
Micheline Francey, Jeanne Fusier-Gir, Sylvie, Héléna Manson,

 
Musique : Tony Aubin
















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   Une petite ville apparemment tranquille voit soudain surgir des dizaines de lettres anonymes, fustigeant le comportement de certaines personnalités. C'est principalement le docteur Germain (Pierre Fresnay), récemment arrivé, qui est visé par les calomnies, et accusé de pratiquer des avortements clandestins. Est également mise au jour une prétendue liaison qu'il entretiendrait avec la jeune et charmante Laura (Micheline Francey), épouse du vieux psychiatre Michel Vorzet (Pierre Larquey)... 
 
   Le tempérament sombre et pessimiste de Clouzot trouve une matière tout à fait idéale dans l'étude de ce microcosme provincial dont quasiment toutes les personnalités (avec une petite exception pour deux figures féminines), sont à la fois troubles, égoïstes, voire antipathiques. Le personnage principal, impérialement campé par Pierre Fresnay, n'échappe pas à la règle. Traumatisé par un drame que l'on découvre au cours du récit, il est devenu un roc insensible, qui déteste les enfants et se mure dans une solitude hautaine. Tout autour de lui évoluent, dans un ballet morbide de rancoeurs, de faux-semblants, des individualités ambiguës, calculatrices, qui règlent leurs comptes ou crachent leur venin au travers de dialogues ciselés, abrupts, parfois cyniques. Etant donné la période à laquelle est sorti le film (en pleine seconde guerre mondiale), il est bien sûr possible de voir dans cette mini tragédie locale une miniaturisation de celle qui bouleversait alors le monde entier, dans l'affrontement immémorial des forces d'ombre et de lumière. Le scénario joue d'ailleurs habilement avec cette dualité, les personnages oscillant sans cesse entre ces extrêmes, les plus "opaques" n'étant pas systématiquement les plus repoussants. 
 
   Sobre, maîtrisé, parfois envoûtant, et toujours captivant.
 
    
  Bernard Sellier
 

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