Cry wolf, Série, série de Maja Jul Larsen, commentaire

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Cry wolf,
       Série,     2020 
 
de : Maja Jul  Larsen, 
 
avec : Bjarne Henriksen, Flora Ofelia Hofmann Lindahl, Christine Albeck Børge, Peter Plaugborg, Noah Storm Otto,
 
Musique : When Saints Go Machine, Christian Balvig


 
Ne pas lire avant d'avoir vu la série...

 Simon Hansen (Peter Plaugborg) vit avec sa femme Dea Mølgård Hansen (Christine Albeck Børge), la fille de celle-ci, Holly (Flora Ofelia Hofmann Lindahl) et leur fils Theo (Noah Storm Otto). Un jour, une rédaction de Holly interpelle son professeur, Mikkel (Alexander Krumhausen), qui alerte les services sociaux. Ceux-ci envoient Lars Madsen (Bjarne Henriksen) interroger les deux enfants. Considérant qu'il existe une grande probabilité de maltraitance de la part de Simon, Lars demande leur placement dans une famille d'accueil... 
 
 
 L'histoire débute de manière simple et limpide. Holly confirme que son père adoptif est violent et n'a aucune peine à convaincre Lars. Le spectateur est d'autant plus enclin à entériner cette déclaration que la première vision de Simon n'est pas des plus engageantes. Il ferait peur le soir au coin d'un bois. Au point qu'on se demande même pour quelle raison les responsables du casting ont choisi un personnage dont le physique reflète autant ce dont il est accusé. Pourtant, cette transparence originelle devient de plus en plus opaque au fur et à mesure que les évènements se déroulent. Holly se montre particulièrement renfrognée et mutique, et son attitude très ambiguë laisse s'installer un doute de plus en plus dense sur ses déclarations. L'ensemble de ce drame intime est fondé sur les interrogations qui se présentent et le suspense est soigneusement entretenu jusqu'au milieu du sixième épisode. Ce clair-obscur permanent est entretenu de manière très convaincante par les différents membres de la famille et les acteurs qui les incarnent. Holly et surtout sa mère sont remarquables de finesse et d'ambivalence.

 Ce qui est très étonnant dans cette série, et la démarque de la grande majorité de ses consœurs, c'est le constat que tout le récit est entièrement consacré aux éléments matériels qui le composent et aux réactions générées par eux sur les différents protagonistes. Hormis le fait qu'est mentionnée une erreur fatale commise jadis par Lars, qui conditionne ses convictions actuelles, et l'alcoolisme du père de Simon, le spectateur ne connaît strictement rien de l'existence intime, passée ou présente, des acteurs du drame. En se cantonnant ainsi à une rigoureuse observation des situations, comme pourrait le faire un documentaire, et en se limitant à un nombre de rebondissements assez limité, le scénario peine à remplir les presque sept heures sans éviter les lenteurs et certaines redondances. On se demande parfois si le format des huit épisodes n'a pas été imposé davantage par un choix de production que par une réelle nécessité psychologique ou dramatique. Il n'empêche que le destin des victimes demeure prenant, en grande partie par l'absence de manichéisme qui baigne l'histoire. Tous les membres de la famille sont des victimes, soit d'autrui, soit d'eux-mêmes. Par contre, l'uniformité générale des scènes, l'écrêtage quasi permanent des réactions émotionnelles, la place considérable occupée par les échanges verbaux, donnent à cette tragédie famliale un aspect quelque peu atone, qui à la fois surprend et hypnotise. 
   
Bernard Sellier