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Le dernier trappeur,
     2004, 
 
de : Nicolas  Vanier, 
 
  avec : Norman Winther
 
Musique :  Krishna Levy

 
   
Les saisons de la vie d'un des derniers trappeurs dans le Yukon canadien... 
 
   Documentaire fictif ou fiction documentée ? A vrai dire, ni vraiment l'un, ni vraiment l'autre. Certes, Norman Winther, qui se raconte vaguement en voix off, est un authentique trappeur. Cela étant, ce qui nous est montré ne nous apprend pas grand chose sur sa vie, son intimité, ou son ressenti devant les innombrables et cruels dangers qui guettent chaque geste ou pas dans ce monde glacé et peuplé uniquement de bêtes sauvages. On assiste à une kyrielle de voyages en traîneau à chiens, à des allers et retours entre la cabane où demeure en permanence sa compagne Indienne, la ville de Dawson, et les terrains de chasse, à quelques conversations banales entre les rares personnages humains qui se croisent ("comment ça va les chiens ?", "Combien de peaux cette année ?")... On a droit à des considérations encore plus banales, voire fumeuses, sur l'écosystème, du type : "nous sommes là pour maintenir l'équilibre", "il faut prélever sans appauvrir"... Ce n'est pas réellement enthousiasmant, d'autant plus que le ton sonne particulièrement maladroit et non crédible.  
 
   Quelques (rares) moments, théoriquement forts, prennent place : la rupture de la surface du lac gelé, le passage difficile de la rivière à cheval. Mais, là encore, le prétendu naturel du documentaire est mis à mal par une manifeste préparation soigneuse (une caméra filme sous l'eau les jambes du cheval apeuré ! Bonjour l'authenticité spontanée !). Heureusement, les paysages somptueux, la symphonie des coloris végétaux, l'harmonie de ces immensités vierges, la féerique aurore boréale, sont un régal pour l'oeil du citadin emmuré dans ses tours de béton. La lecture du générique final, avec sa ribambelle de "dresseurs de chiens", "dresseurs de loups", "dresseurs d'ours" etc..., laisse à nouveau un goût étrange de vrai-faux reportage. Comme aurait pu le dire Louis Jouvet : "Blizzard, blizzard"...

   
Bernard Sellier