Images et Mots
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" Destination finale ",
    ( Final destination ),         2000, 
 
de : James  Wong, 
 
  avec : Devon Sawa, Ali Larter, Kerr Smith, Tony Todd,
Kristen Cloke, Kristen Cloke,

 
Musique :  Shirley Walker
 

 
( The War of the Rose ), 1989,  
 
de : Danny de Vito,  
 
avec : Michael Douglas, Kathleen Turner, Danny de Vito, Sean Astin, Marianne Sägebrecht, Peter Donat,  
 
Musique : David Newman 
 

















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   Alex Chance Browning (Devon Sawa) part avec une quarantaine de ses camarades de lycée pour un voyage à Paris. Mais, à peine monté dans l'avion, il a la vision d'une explosion. Paniqué, il provoque un esclandre et est expulsé de l'appareil avec quelques uns de ses collègues et une accompagnatrice, mademoiselle Lewton (Kristen Cloke). Quelques minutes plus tard, l'avion explose réellement ! Après la mort accidentelle de Tod (Chad Donella), Alex comprend qu'il a déjoué le plan de la Mort et qu'elle va reprendre un à un ceux qui lui ont échappé dans le crash... 
 
   Ce petit film, tourné sans aucune vedette, et, apparemment, sans grands moyens, est la preuve flagrante qu'avec une bonne idée de scénario, il est tout à fait possible de donner naissance à une oeuvre efficace, originale, intelligente et, qui, cerise sur le gâteau, aborde, sans avoir l'air d'y toucher, l'un des plus grands thèmes philosophiques qui soient : l'existence du libre-arbitre humain... ou son absence. D'abord, sans l'aide d'un quelconque personnage grand-guignolesque ou terrifiant, le réalisateur parvient, en accumulant des cascades de coïncidences, à instiller une bonne dose de frayeur d'autant plus flippante que la source n'est, par définition, jamais visible. Le suspense est entretenu avec simplicité mais efficacité. Le rire, ou plutôt le rictus, qui accompagne certaines scènes n'est jamais coupé de l'angoisse. Au final, on assiste à un jeu de massacre qui allie noirceur et candeur avec délectation et intensité. 
 
   Il est bien sûr possible de tourner en ridicule l'accumulation de "hasards" ou de "coïncidences" qui sont savamment agencés par la Mort pour parvenir à ses fins. Nous sommes dans un film qui oscille plaisamment entre sérieux et farce. L'excès y est donc normal, d'autant plus qu'il se montre en permanence jouissif. Mais, si l'on dépasse la forme, il est tout à fait passionnant de réfléchir à ce qui, dans notre vie quotidienne, est qualifié de "hasards". Nous avons tous une vision séquentielle des événements et il est rarissime que nous parvenions à les relier dans leur chronologie. Donc, qui dit perception fragmentaire, dit non compréhension des causes et de leurs effets. A ce titre, il peut être fort instructif de lire l'ouvrage génial de Georges Groddeck, contemporain de Freud, intitulé : "le livre du ça". Il y décortique avec une ironie dévastatrice les mécanismes de notre subconscient. Et, en plus, c'est très divertissant à lire ! En ce qui concerne le sujet bien controversé de notre éventuel libre-arbitre, il peut être très enrichissant de se tourner vers le livre de Régis Dutheil : "l'homme superlumineux", dans lequel l'auteur aborde ce sujet et le résout, (en théorie), grâce à l'hypothèse de la "matrice superlumineuse" qui pourrait être la solution physique d'innombrables mystères se posant depuis toujours à l'homme. 
 
   On dit parfois que "le Hasard, c'est Dieu qui voyage incognito". Ici, il serait plus judicieux de dire que c'est "la Mort qui voyage incognito" ! Un petit film tout à fait réussi.
 

 
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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