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Le fantôme de l'opéra,
       (The phantom of the opera),     2004, 
 
de : Joël  Schumacher, 
 
  avec : Gerard Butler, Emmy Rossum, Patrick Wilson, Miranda Richardson, Minnie Driver, Ciaran Hinds, Simon Callow,
 
Musique : Andrew Lloyd Webber

  
   
1870 à Paris. Les spectacles de l'Opéra Populaire remportent un immense succès. Malheureusement pour les nouveaux dirigeants, Gilles Andre( Simon Callow) et Richard Firmin (Ciaran Hinds), ainsi que pour le jeune mécène, Raoul de Chagny (Patrick Wilson), la cantatrice Carlotta (Minnie Driver) multiplie les caprices et les fausses démissions. Elle est remplacée au pied levé, lors d'une soirée, par la jeune Christine Daaé (Emmy Rossum), qui enchante le public. Cette réussite réjouit le Fantôme (Gerard Butler), qui vit dans les sous-sols de l'Opéra, car il est amoureux de Christine. Lorsque la Carlotta fait sa réapparition et reprend le rôle titre, cela n'est pas du tout du goût du Fantôme... 
 
   Il y a bien une trentaine d'années que je n'ai pas relu le livre de Gaston Leroux. Autant dire que les souvenirs sont lointains et ont probablement subi de profondes déformations. Toujours est-il que je n'ai guère retrouvé, dans le fil de Joel Schumacher, l'atmosphère mystérieuse, sombre, maléfique qui, me semble-t-il, baignait l'oeuvre romanesque. Le Fantôme est ici un fort beau gosse, affligé d'une marque de naissance qui ne justifie guère ses débordements criminels. En somme, une Bête occupant maladroitement la place extrême que lui alloue sa supposée laideur, face à la Belle. Quant au réalisateur, souvent malmené par la critique, mais dont on garde un souvenir enthousiasmé pour son "Tigerland", il ne lésine pas sur les moyens ! Des costumes à la splendeur outrancière, des décors luxueux, des chorégraphies inventives, du kitsch en veux-tu en voilà... La finesse n'est pas toujours au rendez-vous, c'est le moins qu'on puisse dire. Heureusement, quelques moments intimistes, transcendés par les mélodies et la musique de Andrew Lloyd Webber, arrivent à bon escient pour nous rappeler qu'il s'agit, malgré les apparences trompeuses, d'une histoire d'amour déchirante. Une séquence dans le décor souterrain qui rappelle la grotte construite, dans le parc de l'un de ses châteaux, par Louis II de Bavière, afin d'y faire exécuter les oeuvres de Wagner ; une scène d'amour sur les toits de l'Opéra... Ce sont là quelques instants où la magie visuelle et auditive opère. Où la poésie prend le pas sur l'esbroufe. En partie seulement, hélas, en raison du choix des acteurs qui laisse à désirer. Emmy Rossum n'est pas très expressive, le Fantôme se montre, comme on l'a dit, peu crédible esthétiquement, mais c'est surtout Patrick Wilson qui ne révèle pas le moindre charisme. Au final, une musique aux accents charmeurs, qui permet, malgré certaines longueurs, de se laisser emporter par cette fresque plus pompeuse que véritablement inspirée.

   
Bernard Sellier