Images et Mots
  Bienvenue sur le site d'un manipulateur de mots,
  passionné d'écriture, de cinéma, de musique, d'ésotérisme...


" Fatale ",
        ( Damage ),      1992, 
 
de : Louis  Malle, 
 
  avec : Juliette Binoche, Jeremy Irons, Miranda Richardson,
Rupert Graves, Ian Bannen, Peter Stormare,

 
Musique : Zbigniew Preisner
 

















*******

 
  
         




















































 
 
 
   Stephen Fleming (Jeremy Irons) est ministre du gouvernement anglais. Marié à Ingrid (Miranda Richardson), il a un fils, Martyn (Rupert Graves) qui travaille dans un journal. Le jeune homme présente un jour à ses parents son amie Anna Barton (Juliette Binoche). Entre Anna et Stephen, c'est le coup de foudre immédiat. Ils se retrouvent en cachette pour des séances amoureuses enflammées... 
 
   Quelquefois tournée en ridicule pour ses scènes érotico-passionnées quelque peu cocasses, il faut le reconnaître, dans leur artificialité apprêtée, cette oeuvre mérite amplement qu'on s'y arrête. A partir d'un sujet hautement banal et d'un développement ultra classique, le réalisateur parvient à installer un climat d'oppression qui est en adéquation subtile avec l'enfermement des personnages dans la spirale de la désintégration. Sans plonger dans l'introspection psychanalytique, Louis Malle installe discrètement les repères qui jalonnent l'existence douloureuse et traumatisée de Anna. C'est elle qui est évidemment le pivot mystérieux de ce drame. Stephen, Martyn, Ingrid sont des blocs relativement monolithiques. La jeune femme est la potiche consentante de son brillant et médiatique époux. Le fils, sympathique, mais dépourvu d'un grand charisme personnel, a traversé une adolescence marquée du sceau de la froideur sans trop de dommages. Quant à Stephen, impeccable de charme et de classe, il se découvre une seconde jeunesse victorieuse illuminée d'un volcanisme sexuel débordant. 
 
   Anna, elle, est infiniment plus complexe. Son comportement est l'illustration de la manière dont on peut répéter les actes qui mènent à une fin tragique déjà expérimentée. Elle introduit dans cet ensemble politiquement et psychologiquement correct, conventionnel, ses blessures internes, son attirance pathologique inconsciente pour la destruction, son magnétisme énigmatique, son impassibilité froide et un mystère insaisissable. Son attitude, sa présence fascinante qui amalgame la glace et le feu, combinées à l'intensité expressive de Jeremy Irons habitent profondément cette tragédie et engendrent une vérité émotionnelle indéniable.
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


Avertissement : Tous les textes présents sur le site sont la propriété de leurs auteurs ou des maisons d'édition. 
 
Le Site " Images et Mots " est déposé auprès de la Société des Gens de Lettres et protégé par le système CLEO.