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Gravity,
       2013, 
 
de : Alfonso  Cuaron, 
 
  avec : George Clooney, Sandra Bullock,  
 
Musique : Steven Price

   
   
Deux astronautes, le vétéran Matt Kowalski (George Clooney) et le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock) effectuent une mission de routine dans l'espace. Mais lorsque les débris d'un satellite accidentellement détruit s'approchent de la zone où ils travaillent, la donne change radicalement... 
 
   Il est rare d'observer un consensus aussi large dans les commentaires qui ont accompagné la sortie du film. Effectivement, dès les premières images, entre le silence presque émouvant qui règne dans l'espace, et l'impression qu'éprouve le spectateur, sans aucun mouvement du siège, de flotter dans le vide à l'instar des deux protagonistes, le rendu visuel et émotionnel est bluffant. Il en est de même pour les divers épisodes dramatiques qui ponctueront les quatre vingt dix minutes que l'on ne voit pas passer. Il est également possible, avec un minimum de bonne volonté tout de même, d'être sensible au trouble profond qui agite la jeune femme, brutalement confrontée à la perspective de la fin de l'existence objective consciente. Mais une fois l'ébahissement sensoriel digéré, et, plus encore, une fois le dénouement banalement prosaïque passé, c'est la sensation désagréable d'un vide scénaristique sidéral qui impose sa marque, même si le symbolisme de la natalité y est régulièrement présent. Malgré l'enthousiasme quasi absolu qui accompagnait du commencement à la fin la vision d'"Avatar", il était possible de regretter un scénario à la facture westernienne très classique. Il était pourtant d'une richesse incommensurable, comparé à celui de "Gravity". A l'opposé, le scénario de "2001, odyssée de l'espace", était, en dépit de son hermétisme hautain, infiniment plus excitant que celui, ultra minimaliste, qui nous est proposé ici. 
 
   Cette oeuvre est manifestement à vivre comme une expérience sensorielle inédite. Je tempérerai même cette affirmation en ajoutant "limitée", car, malgré la taille confortable de l'écran du cinéma Variétés de Nice, je ne me suis pas senti intensément transporté par cette 3D tant vantée par les critiques. Beaucoup moins, en tout cas, que lors de la vision, il y a plus de vingt ans, d'un film de la Nasa à la Géode, au cous duquel, malgré une simple 2D, le spectateur vivait la sensation impressionnante de baigner corporellement dans l'espace. Est-ce dû à la qualité des lunettes fournies ? Est-ce un émoussement des récepteurs sensoriels dû à l'âge... Mystère... Saluons cependant la qualité des effets spéciaux, époustouflante !

   
Bernard Sellier