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I care a lot,
      2020, 
 
de : J.  Blakeson, 
 
  avec : Rosamund Pike, Peter Dinklage, Dianne Wiest, Chris Messina, Eiza González, Alicia Witt,  
 
Musique : Marc Canham

 ❤❤❤ 

   Ne pas lire avant d'avoir vu le film... 

    Marla Grayson (Rosamund Pike) est une tutrice professionnelle peu ordinaire. Sa spécialité est de dépouiller en toute légalité les personnes âgées qui lui sont confiées par le juge. Une nouvelle affaire particulièrement juteuse semble se présenter en la personne de Jennifer Peterson (Dianne Wiest). Mais la brave vieille dame réserve quelques surprises à sa nouvelle tutrice...

    Le film ne s'embarrasse pas de préliminaires oiseux ou de faux-semblants. Marla annonce immédiatement la couleur en voix off dès le commencement de l'histoire. «Les gens bien, ça n'existe pas... Il n'y a que les prédateurs et les proies...» On a l'impression d'entendre une resucée moderne des théories du Marquis de Sade, avec cette différence que Marla est lesbienne et se contrefiche totalement d'une domination sexuelle quelconque. Le récit suit de manière très linéaire et classique le parcours radicalement vicieux et immoral de la jeune femme, qui, comme l'indique le titre anglais, se soucie beaucoup... de ses comptes en banque, et à laquelle Rosamund Pike, regard bleu glacial, prête son charme vénéneux avec une allégresse qui transpire à chaque seconde. Mais sur son chemin se dresse une personnalité non moins charismatique, en la personne du toujours excellent Peter Dinklage qui, lui aussi, semble se régaler dans la peau d'un truand russe aussi cabotin que cruel. Les deux monstres se livrent un combat foncièrement et délibérément malhonnête jusqu'à une résolution de leur rivalité aussi jouissante que cynique... avant un coup de tonnerre final que l'on ne voit pas venir. 

    Une petite création Netflix qui n'oeuvre pas dans la dentelle, et dont les personnages sont assez monolithiques, mais qui se montre en permanence rythmée et souvent horriblement excitante. Dommage que le face à face entre la prédatrice professionnelle et la vieille dame insolite campée par Dianne Wiest s'interrompe aussi rapidement.

   
Bernard Sellier