La meilleure version de moi-même, série de Blanche Gardin

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La meilleure version de moi-même,
    Série,    2021,  
 
de : Blanche  Gardin, 
 
  avec : Blanche Gardin, Paul Moulin, Louis C. K., Sylvie Pialat, Thierry Perkins-Lyautey, Lea Boublil,
 
Musique : Pierre-Philippe Côté


   Blanche Gardin est en dépression et souffre de douleurs abdominales violentes et récurrentes. Elle consulte un naturopathe, Jean-Jacques (Thierry Perkins-Lyautey), qui lui explique qu'elle doit changer professionnellement. Elle fait part de sa décision de cesser les one women show à son frère Tintin (Paul Moulin) et à son mentor en comédie, Louis (Louis C.K.)... 
 
   Les multiples spectacles de Blanche Gardin ont tous pour fondements les traumatismes psychologiques vécus par la jeune femme. Ce n'est donc nullement une surprise qu'elle ait choisi ce point de départ pour donner naissance à cette mini série originale (les 9 épisodes ne dépassent pas 30 minutes chacun), sorte d'objet visuel mal identifié entre vrai faux documentaire et vaie fausse fiction. Les cameramen sont présents en permanence, même s'ils sont invisibles et seulement identifiables par les regards caméras qui leur sont adressés régulièrement. Le spectateur suit donc Blanche dans ses divers essais thérapeutiques, qui vont de l'hydrothérapie du colon (les selles tiennent une place importante dans l'histoire !) à la visite chez une chamane qui perçoit qu'elle précipitait femmes et enfants du haut d'une pyramide lors d'une vie antérieure, en passant par l'achat d'un dynamiseur d'eau censé prévenir des cancers ou encore une formation au respirianisme. Il faut reconnaître que l'ensemble est assez décousu, fidèle en cela au jaillissement incontrôlé de pensées d'un cerveau appartenant à une personnalité 'dotée d'un haut potentiel intellectuel'. À première vue, Blanche semble dézinguer toute une catégorie de profiteurs et charlatans en tous genres, mais, si l'on y regarde d'un peu plus près, c'est avant tout d'elle-même, en tant qu'archétype des comiques médiatiques autocentrés, qu'elle se moque avec une dérision et une radicalité qui sont souvent jouissives, mais aussi terriblement empreintes de mélancolie. C'est quelquefois un peu étiré (le stage du cercle de femmes aurait gagné à être un peu raccourci, l'épisode final), mais cette création insolite, insolente, satirique, moqueuse, et parfois déroutante, mérite amplement le détour. D'autant plus que tous les acteurs sont d'une justesse impressionnante.

   
Bernard Sellier