Meurtres à White House farm, série de Paul Whittington, commentaire

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Meurtres à White House farm,
      (White house farm),    Série,   2020 
 
de : Paul  Whittington, 
 
avec : Freddie Fox, Alexa Davies, Mark Addy, Scott Reid, Gemma Whelan, Mark Stanley,
 
Musique : Niall Byrne

   
   
Ne pas lire avant d'avoir vu la série 
 
  Août 1985 dans l'Essex. Colin Caffell (Mark Stanley) conduit ses deux petits garçons, Daniel et Nicolas, ainsi que leur mère dépressive, Sheila (Cressida Bonas), chez les parents de celle-ci, Nevill (Nicholas Farrell) et June (Amanda Burton) dans leur demeure de White House. Quelques heures plus tard, le frère de Sheila, Jeremy Bamber (Freddie Fox), appelle la police affolé...

  Un drame tiré d'un fait divers réel, puisque le scénario est tiré d'un ouvrage écrit par Colin Caffell lui-même. Il est indéniable que le massacre perpétré dans cette ferme est d'autant plus terrible que les deux petits jumeaux de Sheila ont été froidement exécutés, mais ce drame familial, raconté sous une forme très classique, ne diffère guère d'un «Faites entrer l'accusé» qui aurait introduit, pour une narration plus vivante, quelques acteurs distribués dans un scénario retraçant avec fidélité les circonstances d'une enquête difficile. Le suspense lui-même est réduit au minimum, puisqu'il ne fait guère de doute, dès les premières scènes, que Jeremy est responsable de cette tuerie. Le choix de la personnalité qu'il affiche en permanence, faite de mépris insolent et d'arrogance odieuse, ne laisse guère d'ambiguïté. Le premier (petit) pôle d'intérêt réside dans l'affrontement des deux policiers, le chef Thomas Jones (Stephen Graham) étant rivé sur la thèse du meurtre suivi d'un suicide, tandis que son subordonné, Stan Jones (Mark Addy), est persuadé qu'il y a là une mise en scène macabre. Le second pôle d'intérêt naît du verdict attendu, tant le manque de preuves flagrantes place le jury devant un choix cornélien. Cette courte série de six épisodes parvient à capter l'intérêt grâce à ses personnages solidement campés, mais ne s'élève jamais au-dessus d'un téléfilm de bonne facture. Tout y est correct, mais jamais transcendant. Même s'il est facile de connaître les détails du drame grâce à Internet, il aurait tout de même été judicieux, ne serait-ce que pour le spectateur qui n'a pas voulu s'informer à l'avance, d'installer un minimum de clair-obscur et de suspense, en composant le personnage de Jeremy d'une manière plus équivoque et subtile. Cela n'aurait nullement nui à la vérité des faits et aurait eu l'intérêt de créer la dose de suspense qui manque cruellement à l'histoire. 

   
Bernard Sellier