Mother/Androïd, film de Mattson Tomlin, commentaire

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Mother/Androïd,
        2021, 
 
de : Mattson  Tomlin, 
 
  avec : Chloë Grace Moretz, Algee Smith, Raúl Castillo, Linnea Gardner, Oscar Wahlberg , Kiara Pichardo,
 
Musique : Henthorn, Michelle Birsky, Kevin Olken

 
 
Dans un futur indéterminé, des robots à l'apparence humaine occupent des places de service dans la société. Mais un jour, alors que la jeune Georgia (Chloë Grace Moretz) et son compagnon Samuel (Algee Smith) assistent à une réception chez des amis, le serviteur pète les plombs et tue tous ceux qu'il rencontre. Le problème, c'est que tous les robots présentent le même bug. Georgia, enceinte, et Sam s'enfuient dans la forêt et arrivent dans un camp sécurisé. Leur but est de rejoindre Boston, mais la ville est encerclée...
 
 Le démarrage s'annonce bien. Un soudain geyser sonore strident marque le début du dérèglement des androïdes et flanque la chair de poule. Malheureusement la suite faiblit rapidement. Les deux amoureux partent dans la nature en tentant d'échapper aux robots devenus fous, mais cela ne les empêche pas d'éclairer l'intérieur de leur tente, devenue visible à cinq cents mètres. Samuel se fraie difficilement un chemin avec sa machette comme s'il était au cœur de la forêt amazonienne. Le problème c'est qu'ils traversent un petit bois aux arbres frêles et clairsemés. Tout ça n'est pas d'une crédibilité forcenée. D'un autre côté certaines séquences laissent perplexe. On ne perçoit pas vraiment les tenants et les aboutissants de leur visite dans le camp sécurisé. Et les choses ne vont pas en s'arrangeant. Le récit donne l'impression d'aligner quelques moments plus ou moins forts, mais isolés, comme coupés les uns des autres, et se permet des ellipses (l'arrivée à Boston, les suites de l'action menée par Georgia façon Super Woman dans l'hôpital...). Cela handicape grandement une aventure déjà cousue de fil blanc, qui se contente d'aligner basiquement quelques marionnettes zombies déchaînées sur la route des deux fuyards. 

 Chloë Grace Moretz fait tout son possible pour donner vie et authenticité à cette mère en détresse, mais elle ne peut pas grand chose contre la banalité des dialogues et l'invraisemblance générale de l'ensemble qui, une fois n'est pas coutume, donne une fâcheuse impression d'indigence budgétaire. Le scénario tente de clore l'histoire par un feu d'artifice émotionnel, mais, là encore, c'est peine perdue, tant ce jeu sur la corde sensible peine à masquer l'absence d'une véritable dramaturgie consistante et réaliste.

   
Bernard Sellier