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The nest,
      2020, 
 
de : Sean  Durkin, 
 
  avec : Jude Law, Carrie Coon, Oona Roche, Charlie Shotwell, Michael Culkin,
 
Musique : Richard Reed Parry


    Ne pas lire avant d'avoir vu le film...
  

   
Rory O'Hara (Jude Law) occupe une position aisée de courtier. Sa femme, Allison (Carrie Coon) donne des leçons d'équitation. Un jour, Rory annonce qu'il est urgent de déménager à Londres, où un poste prestigieux l'attend. À contrecoeur la jeune femme accepte. Accompagnés de leurs deux enfants, Samantha (Oona Roche) et Ben (Charlie Shotwell), ils emménagent dans une luxueuse maison ancienne du Surrey... 
 
   Pas de grands évènements à se mettre sous les yeux durant les quarante premières minutes. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Rory est amoureux de sa femme qui râle un tout petit peu devant ce changement brusque, mais rien de très notable. Il est donc indispensable d'attendre la fin d'une petite moitié de l'histoire, pour commencer à voir le vernis de bien-être général se fissurer légèrement. Pourtant, malgré quelques scènes conjugales, on ne sait toujours pas dans quelle direction s'oriente le scénario. Il est évident que Rory souffre d'une pathologie psychique, puisque son besoin le plus ardent est de compenser la vie de merde qu'il a expérimentée durant son enfance. Mais vers quel avenir le conduit sa mythomanie ? Un destin à la Jean-Claude Romand, conté dans le film de Nicole Garcia «L'adversaire», ou à la Xavier Dupont de Ligonnès ? La réponse se fait attendre, tandis que la narration lorgne discrètement vers certaines pistes : la demeure est-elle maléfique ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de cheval mort subitement ?.

   À vrai dire, le scénario semble se chercher, errer sans direction précise, à l'image de l'existence vécue par Rory, ainsi qu'il l'avoue au chauffeur de taxi qui le ramène à sa riche demeure. Le drame, c'est qu'il ne se trouve jamais, puisque le dénouement s'opère sur un constat amer : tout ce qui a précédé n'était pas la voie juste. Mais quelle sera celle qui naîtra de cette prise de conscience ? Le spectateur ne le saura jamais, car le film se clôt dans un flou assumé. La tentation est de se dire avec une certaine amertume : tout ça pour ça ! C'est une réflexion un peu injuste, car il est indéniable que le récit joue avec subtilité sur les frustrations et les rêves des membres de la famille. Mais ce drame intimiste tout en demi-teinte manque néanmoins cruellement de nerf, de souffle dramatique, ainsi que d'une colonne vertébrale solide capable d'offrir au spectateur un peu plus qu'un soufflé qui peine à monter et se dégonfle in fine sans sourciller. 

   
Bernard Sellier