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Le pacificateur,
     (The peacemaker),      1997, 
 
de : Mimi  Leder, 
 
  avec : George Clooney, Nicole Kidman, Armin Mueller Stahl, Randall Batinkoff, Marcel Iures,
 
Musique : Hans Zimmer

   
   
Un stock de dix ogives nucléaires russes est volé dans un train militaire au cours de leur transport. Le docteur Julia Kelly (Nicole Kidman), éminente spécialiste de l'armement nucléaire, et le lieutenant colonel Thomas Devoe (George Clooney), spécialiste des coups de main musclés, vont unir leur savoir faire pour tenter de retrouver les coupables et les objets avant qu'ils n'arrivent à leur destination. 
 
   1% de réflexion ou d'intériorité, 99% d'action, telle est sensiblement la proportion des éléments composant ce maelström d'agitation concentrée qui ne laisse aucun répit au malheureux spectateur assommé par un scénario légèrement décousu au départ, dont les éléments épars se rassemblent petit à petit, et dans lequel pas une seconde n'est perdue. Tout commence par trois minutes de recueillement sur des chants religieux, mais ensuite ce ne sont que poursuites endiablées, coups de main plus aventureux les uns que les autres, courses contre la montre haletantes qui abandonnent le témoin de ces débordements pantelant et au bord de l'apoplexie. Il faut reconnaître que le film ne manque pas de rythme, c'est le moins que l'on puisse dire, et que l'ensemble se laisse regarder avec une frénésie proche de l'hypnose.  
 
   Lorsque le calme est revenu et que les méninges se remettent de leur lamination visuelle et auditive, elles nous font observer que la crédibilité n'est pas vraiment le point fort de cette production. Si les deux protagonistes se complètent assez bien, le personnage joué par Nicole Kidman mettant en exergue son côté yang qui lui permet de se placer sur un plan de quasi égalité avec son partenaire, les péripéties demandent en revanche à ne pas être regardées de trop près quant à leur parfum d'authenticité. En cinq secondes le colonel Devoe a décortiqué avec une justesse remarquable ce qui s'est passé à dix mille kilomètres de là ; un petit coup de satellite, et le camion des terroristes est identifié dans une file de centaines de véhicules... Bref, lorsqu'on aperçoit un bref instant les deux tours jumelles de New-York, on se dit avec tristesse que malheureusement aucun colonel Thomas Devoe ne se trouvait là où il fallait le 11 septembre 2001... Mais le but de ce genre de film n'est évidemment pas de coller au vraisemblable. 
 
   Si l'on accepte le postulat de départ : action pure et supériorité des bons Américains forts et courageux, alors cette oeuvre permet d'apprécier en toute quiétude les émotions superficielles que procurent une action soutenue et un suspens haletant, même si la fin est archi prévisible.

   
Bernard Sellier