Images et Mots
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" Le patient anglais ",        
( The english patient ),              1996, 
 
de : Anthony  Minghella, 
 
  avec : Ralph Fiennes, Kristin Scott Thomas, Willem Dafoe,
Juliette Binoche, Colin Firth,

 
Musique : Gabriel Yared
















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   1945. La seconde guerre mondiale se termine. Un convoi de blessés parcourt l'Italie. Hana (Juliette Binoche) est une des infirmières accompagnatrices. En quelques heures, deux drames la blessent profondément. Elle apprend le décès de son compagnon et l'une de ses meilleures amies meurt tragiquement. Au cours d'une halte, elle décide de demeurer sur place, dans un vieux bâtiment religieux dévasté, en compagnie d'un mystérieux blessé, dont on ignore l'origine, et que l'on a baptisé "le patient anglais". Malgré les objurgations des officiers et de ses collègues, elle s'installe donc et demeure seule avec le malade. Quelques jours plus tard, un personnage non moins mystérieux, David Caravaggio (Willem Dafoe), qui semble connaître le blessé, apparaît et s'installe. Peu à peu, les morceaux du puzzle de l'histoire des deux hommes vont se mettre en place et dessiner leurs destinées tragiques... 
 
   Six ou sept visions, loin d'affaiblir l'exaltation ressentie d'emblée, renforcent encore l'émotion soulevée par cette oeuvre passionnée et passionnante ! C'est à la fois la plus folle passion et la plus profonde détresse qui s'égrènent tout au long de ces deux heures et demie magistrales. Le scénario, contruit tout en flash backs, dissèque cette folie amoureuse comme le ferait un scalpel qui met à jour peu à peu les organes et leurs relations fonctionnelles.  
 
   Le choix des interprètes, remarquablement inspiré, concourt grandement à la magie envoûtante qui se dégage par vagues jusqu'au finale. Ralph Fiennes, sombre et ténébreux, monolithe volcanique, porte derrière son masque figé toute l'exaltation de l'amour et toute la détresse d'un monde sensible dans lequel il ne sait pas ou ne veut pas s'intégrer. Un monde dans lequel la passion extrême ne parvient pas, sans doute à cause de cet excès même, à installer la paix et l'illumination. Sans effets, sans presque modifier son expression, il irradie l'amour et le désespoir, la flamme de la vie et la mort. La scène filmée de loin, dans laquelle on le voit transporter le corps de sa bien-aimée est magnifique. 
 
   Kristin Scott Thomas, radieuse de grâce et de beauté, illumine de son visage, de sa voix, de son être entier, toutes les scènes qu'elle habite.  
 
   Même si la passion des deux amants (qui atteint presque la folie, puisque le comte Almasi (Ralph Fiennes) ira jusqu'à faire passer la vie de son amante avant l'intérêt de son pays), occupe la première place, il serait tout à fait injuste de sous-estimer le rôle de Hana, dont l'histoire est le symétrique inversé de celle de Katherine Clifton (Kristin Scott Thomas). Tandis que s'installe la destruction progressive dans l'union d'Almasy et de Katherine, on assiste, parallèlement, à la lente et poétique naissance d'un amour sensuel et paisible entre le démineur étranger et Hana. L'une des plus belles scènes du film est sans doute d'ailleurs celle où l'on voit Juliette Binoche virevolter dans la pénombre au milieu des fresques moyenâgeuses. Un tourbillon de grâce dans un monde en destruction. 
 
   Ce film, d'une beauté et d'une richesse infinies (la musique est elle aussi sublime), explore les tréfonds des âmes et des coeurs submergés par des passions qui les submergent. Il marque d'une profonde empreinte le spectateur et le laisse émerveillé et pantelant. 
  
 
Bernard Sellier
 

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