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La personne aux deux personnes,
      2008,  
 
de : Nicolas  Charlet, Bruno  Lavaine, 
 
  avec : Daniel Auteuil, Alain Chabat, Marina Foïs, Denis Maréchal, François Damiens, Edith Le Merdy, Fred Tousch,
 
Musique : Nicolas Errèra

  
   
Jean-Christian Ranu (Daniel Auteuil) occupe un modeste poste de comptable au sein de la grosse compagnie d'assurances Cogip. Sa vie est à l'image de sa fonction : terne, monotone et sans entrain. Jusqu'au jour où il se fait renverser par la voiture d'un chanteur pop passablement oublié, Gilles Gabriel (Alain Chabat). Les contusions sont légères, mais Jean-Christian ne tarde pas à s'apercevoir que le conducteur est rentré dans sa tête, et qu'il ne peut plus en sortir. Le comptable doit donc subir toute la journée les râles et les injonctions de son co-locataire corporel, ce qui ne va pas manquer de chambouler quelque peu son existence, tant sentimentale que professionnelle... 
 
    Tout d'abord une question simple : comment peut-on donner un titre aussi affligeant à un film ? S'il n'y avait pas sur l'affiche les noms de Chabat, d'Auteuil et de Marina Foïs (excellente en complexée réfrigérante), ce serait à vous dégoûter d'entrer dans la salle... Passons sur ce point. L'idée de départ est intrigante, amusante, un tantinet originale. Le malheur est qu'au bout d'un petit quart d'heure, le scénario donne l'impression d'avoir épuisé le filon. Heureusement, quelques péripéties sympathiques viennent égayer le développement du concept, et l'histoire oscille tranquillement entre le gentiment foutraque et le délire limite grotesque. Les événements sont parachutés un peu n'importe comment, à la va comme je te pousse, dans un récit qui ne sait pas respirer. L'autre problème majeur est que, à l'image du personnage virtuel d'Alain Chabat, dont le ton demeure en permanence distancié pour ne pas dire ennuyé, le film dans son ensemble ne parvient jamais à décoller vraiment, à exciter un tant soit peu le spectateur, à lui faire croire une seconde à cette métamorphose psychanalytique pour cause d'incursion d'un ego externe. La tiédeur règne sur toute la durée, et ce ne sont pas des dialogues très moyennement inspirés qui sauvent l'entreprise de la morosité. Sur un thème cousin germain, "Multiplicity" était autrement jouissif, sans pour cela être un chef-d'oeuvre...

   
Bernard Sellier