Pine Gap, Saison 1, série de Greg Haddrick, commentaire

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Pine Gap,
       Saison 1,     2018, 
 
de : Greg  Haddrick, 
 
  avec : Parker Sawyers, Jacqueline McKenzie, Steve Toussaint, Tess Haubrich, Stephen Curry, Rob MacPherson,
 
Musique : Burkhard von Dallwitz

  
 
Ne pas lire avant d'avoir vu la série

 La base de surveillance américaine satellitaire située à Pine Gap, en plein désert australien, est l'une des trois plus importantes du monde, avec Buckley dans le Colorado et Harrogate dans le Yorkshire. Alors qu'un sommet Asie Pacifique a lieu dans le sud-est asiatique, un missile, tiré de la jungle birmane détruit un avion de ligne. Une enquête a lieu dans le centre pour savoir si une faute a été commise. Gus Thompson (Parker Sawyers), récemment nommé directeur de mission, est temporairement remplacé par Jacob Kitto (Stephen Curry). L'un des techniciens de la base, Moses Dreyfus (Mark Leonard Winter), apprend à son chef, Ethan James (Steve Toussaint), qu'il a découvert un malware dans le système informatique... 
 
 C'est une idée à la fois intéressante et excitante de placer une histoire d'espionnage au cœur de l'une des bases les plus secrètes du monde. Outre le fait que l'on découvre à quel point le moindre mètre carré de la planète peut être surveillé (et la précision sera de plus en plus grande avec la 5G puis la 6G), cette plongée met en exergue les tensions permanentes qui se développent entre les pays 'amis'. Secrets enfouis, manipulations diverses, menaces, mensonges, jalousies, suspicions, tout est bon pour tirer son épingle du jeu, que ce soit au niveau individuel ou étatique. La série est brève, mais la construction dramatique et le suspense sont efficaces, grâce à une galerie de personnages solidement caractérisés, sans que les traits soient forcés. Il est parfois un peu difficile de suivre les explications techniques, et les enjeux géopolitiques se révèlent complexes. Mais si quelques détails échappent à celui qui n'est pas spécialiste en traçages satellitaires, il n'en demeure pas moins que les rivalités dans les alliances et les calculs stratégiques ou économiques des divers pays sont clairement exposés. Le récit parvient sans peine à mêler de façon maîtrisée une intrigue interne concentrée sur la quête d'un traître, et une tension internationale concernant les désaccords sino-américains sur la mer de Chine, tout cela sur fond de survie des populations autochtones. Le scénario aborde, dans la foulée, les difficultés extrêmes des relations sentimentales en circuit fermé, d'une part en raison des secrets que chaque membre opérationnel doit garder en permanence, et d'autre part pour cause de possible suspicion de rapprochements amoureux intéressés, organisés par la hiérarchie, y compris entre partenaires alliés. Le dernier épisode est d'une tension redoutable.
   
Bernard Sellier