Images et Mots
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" Rosemary's baby ",
              1968, 
 
de : Roman  Polanski, 
 
  avec : John Cassavetes, Mia Farrow, Ruth Gordon, Maurice Evans,
Ralph Bellamy, Sydney Blackmer, Patsy Kelly,
 
 
Musique : Christopher Komeda
















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   Rosemary Woodhouse (Mia Farrow) et son mari Guy (John Cassavetes) emménagent dans un nouvel appartement. L'immeuble dans lequel il se situe n'a pas très bonne réputation. Deux criminelles et un ancien sorcier y ont vécu jadis. Mais, une fois rénové, l'endroit se révèle agréable à vivre. La jeune femme fait la connaissance de Terry Gionoffrio (Victoria Vetri), ancienne droguée recueillie par un vieux couple qui habite l'appartement contigu à celui des Woodhouse, Minnie (Ruth Gordon) et Norman Castevet (Sydney Blackmer). Un soir, Terry est retrouvée morte sur le trottoir, s'étant apparemment jetée dans le vide... 
 
   Trente ans avant "La neuvième porte", Roman Polanski montrait déjà son goût pour la sorcellerie et le satanisme. Mais loin des outrances et des simagrées qui rendaient l'histoire de Dean Corso pour le moins puérile, le réalisateur parvenait ici à distiller une authentique angoisse sans avoir recours à des moyens artificiels ou théâtraux. Une jeune femme aussi adorable que fragile, dotée d'un regard angélique. Un époux aimant. Des voisins certes passablement excentriques et envahissants, mais le coeur sur la main. Dans ce climat idyllique se développe graduellement un sourd malaise généré par d'insignifiants événements, et tout l'art de Polanski est de semer le doute avec art sur la réalité des impressions de Rosemary. Aussi désorienté que la jeune femme, le spectateur qui visionne l'oeuvre pour la première fois est habilement ballotté entre l'ancrage dans un quotidien banal qui tend à faire pencher l'interprétation vers une psychose hallucinatoire et le saut dans un monde infernal, hypothèse que la rationalité du propos semble rendre absurde. Tous les acteurs servent merveilleusement cette ambiguité permanente. Mia Farrow, frêle papillon naïf, John Cassavetes, tout en nuances, mais aussi les intervenants secondaires, tels l'inénarrable Minnie, logorrhéique et précieuse à souhait, ou encore le paternel docteur Abraham Sapirstein (Ralph Bellamy). Seul le dénouement, quoique infiniment préférable au lourdaud final de "La neuvième porte", laisse quelque peu désorienté. Mais cela n'altère que d'une manière infime la réussite magistrale de l'ensemble. 
 
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
 
 
 

 
 
 

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