Images et Mots
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" The sessions ",
           2012, 
 
de : Ben  Lewin, 
 
  avec : Helen Hunt, John Hawkes, William H. Macy,
Adam Arkin, Rhea Perlman,

 
Musique : Marco Beltrami
















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   Mark O'Brien (John Hawkes) a 38 ans. Depuis l'âge de 6 ans, il est atteint d'une poliomyélite qui l'oblige à dormir dans un poumon d'acier, à ne sortir que quelques heures en position allongée, muni d'un respirateur portable, et, bien sûr, à ne jamais connaître l'expérience de la sexualité. Jusqu'à ce qu'il rencontre Cheryl (Helen Hunt), une jeune femme, spécialisée dans l'aide aux handicapés... 
 
    Sujet très rarement, voire quasiment jamais abordé, tant il semble générateur de gêne ou de malaise, ne serait-ce que dans son évocation. Cette peinture, directement inspirée par les écrits de l'écrivain et poète Mark O'Brien, décédé en 1999 à 50 ans, appelle sans conteste des qualificatifs positifs. La délicatesse et la pudeur de l'approche, les bouffées d'humour désabusé, la crudité verbale soigneusement mesurée, l'approche franche des besoins vitaux, l'émotion maîtrisée, la chaleur bienveillante dun personnage dont on n'attendait pas forcément une telle attitude (le prêtre incarné par William H. Macy), et, surtout le rayonnement intense que dégage une Helen Hunt intérieurement radieuse. Toutes ces qualités donnent naissance à une oeuvre sensible, vivante, jamais misérabiliste, nimbée d'une poésie éthérée. Et pourtant, une fois le film terminé, une étrange sentiment s'invite. Une espèce de petite frustration, comme si dominait dans la mémoire l'impression d'une superficialité générale, d'une volonté d'araser les souffrances grâce à un détachement sarcastique, d'un lissage consensuel destiné à éviter une véritable approche frontale et crue. L'enfer quotidien, physique et psychique, qu'a dû connaître Mark emprisonné pendant presque un demi-siècle dans sa prison corporelle, peine à se dégager des scènes et nous est rarement perceptible. Il n'empêche que le sujet et l'émouvante implication des comédiens ne peuvent que provoquer une émotion imédiate. 

 
 Bernard Sellier  
 
 

 

 

 
 
 
  
 


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