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 Récents 

Le veilleur de nuit,
        (Nightwatch),      1997, 
 
de : Ole  Bornedal, 
 
  avec : Ewan McGregor, Nick Nolte, Patricia Arquette, Josh Brolin, Brad Dourif, Lauren Graham,
 
Musique : Joachim Holbek, Marco Beltrami


   Martin Bells (Ewan McGregor) est l'ami de James Gallman (Josh Brolin) et le fiancé de Katherine (Patricia Arquette. Pour payer sa dernière année de droit, il accepte un poste de veilleur de nuit à la morgue de l'hôpital. Celle-ci a mauvaise réputation à cause de faits macabres qui s'y seraient déroulés des années auparavant. Présentement, un tueur de jeunes femmes sévit. L'inspecteur Thomas Cray (Nick Nolte) mène une enquête difficile... 
 
   Excellente surprise que ce thriller à l'histoire classique (le tueur en série), mais à l'atmosphère relativement originale, où le malaise règne en maître, et au cheminement redoutablement efficace. Steven Soderbergh a d'ailleurs écrit conjointement le scénario avec le réalisateur. L'oppression est d'autant plus puissante qu'elle ne naît pas uniquement de la trame basique originelle. Dans ce type de drame, il est courant de créer une opposition criante entre le côté lumière, ordinairement la vie tranquille et sereine du héros, et le côté obscurité dans lequel sévit l'assassin. Ici, Bornedal a choisi délibérément de répandre noirceur et perfidie dans les deux aspects de la vie de Martin. La nuit, c'est le domaine de la peur, de la solitude, des bruits mystérieux, de l'éventualité des horreurs les plus inimaginables. Les salles froides, désertes, où gisent cadavres et organes en conservation. Mais le jour, ce n'est pas mieux. James, l'ami, est en effet un inquiétant personnage qui joue sa vie, manipule autrui et se met en quête des défis les plus fous susceptibles de lui rendre sa faculté de jouissance. Cette double voie où la réalité se mêle à l'imaginaire, au doute et à l'artifice le plus sordide, est explorée par une mise en scène inventive et dont l'intensité ne faiblit jamais, jusqu'à une conclusion, certes classique, mais véritablement haletante. 
 
   Du très efficace et du bien flippant.

   
Bernard Sellier