Images et Mots
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" La vie d'Adèle ",
                  2013, 
 
de : Abdellatif  Kechiche, 
 
  avec : Lea Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Aurélien Recoing,
Salim Kechiouche, Catherine Salée,
 
 
Musique : ??
















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   Adèle (Adèle Exarchopoulos), 15 ans, est en première littéraire. Elle fait une jour la connaissance d'une jeune étudiante en Beaux Arts, plus âgée qu'elle, et dotée d'un look peu orthodoxe. L'attirance est grande entre elles deux... 
 
   A la fois encensé par la plupart des critiques et obscurci par la polémique qui a suivi sa sortie, le film ne peut en tout cas laisser indifférent. En premier lieu, grâce à l'exceptionnelle présence magnétique, hypersensible, acérée, des deux actrices, qui habitent l'oeuvre comme s'il s'agissait de leurs propres parcours, intérieur autant qu'intime. Et, à la vision de multiples scènes, qu'elles soient psychologiques, physiques ou sexuelles, il ne fait guère de doute que le réalisateur est un excessif sans doute irrépressible. La scène d'amour entre les deux actrices, qui a demandé, paraît-il, dix jours de tournage, et a manifestement perturbé profondément celles-ci, a-t-elle vraiment besoin de s'étirer à ce point ? Qu'est-ce que cette extension apporte à la caractérisation des personnages ? La même question se pose pour de nombreuses scènes, certes réalistes, mais affligées d'interminables discours à l'intérêt fluctuant, qui plus est souvent peu compréhensibles, puisque le propre des jeunes est d'articuler le moins possible en parlant. Cela dit, il est incontestable que la personnalité d'Adèle, transcendée par l'incarnation d'Adèle Exarchopoulos, et observée au plus près par la caméra scrutatrice du réalisateur, est disséquée avec une finesse, une acuité exceptionnelles. 
 
   Mais, contrairement à l'affirmation de certains critiques qui n'ont pas vu le temps passer pendant ces trois heures, le temps nous a paru long, très long ! Au point que, à la fin de la première heure, une furieuse envie d'appuyer définitivement sur le bouton "stop" a été réfrénée de justesse. Parce que filmer un être hypersensible avec attention, avec délicatesse, c'est enchanteur, mais à condition qu'il existe tout de même un fondement narratif tangible. Or dans ce premier tiers, la vie d'Adèle est pour le moins évanescente, pour ne pas dire "pleine" de vacuité ! Cette dichotomie se retrouve d'ailleurs tout au long de l'oeuvre, qui alterne sans cesse moments de redoutable ennui, de parlotes filandreuses, et instants de magie. Il est remarquable que le film parvienne, malgré une matière redoutablement ténue, à se montrer habité intérieurement, même si c'est souvent au prix de laborieux efforts. 
 
   Une oeuvre très personnelle, exigeante aussi bien pour les actrices que pour le spectateur, souvent harassante, parfois solaire, illuminée par deux personnalités en état de grâce, qui distille à la fois admiration, émotion et exaspération...
     
Bernard Sellier  



 




 

  
 

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