Army of thieves, film de Matthias Schweighöfer, commentaire

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Army of thieves,
      2021, 
 
de : Matthias  Schweighöfer, 
 
  avec : Matthias Schweighöfer, Nathalie Emmanuel, Ruby O. Fee, Guz Khan, Stuart Martin,
 
Musique : Steve Mazzaro, Hans Zimmer

  
   
Le jeune Sebastian (Matthias Schweighöfer) est un modeste employé célibataire. Passionné depuis son enfance par les coffres-forts, il a créé une chaîne YouTube. Il se voit un jour convié à un concours discret destiné à sélectionner le meilleur ouvreur dans ce domaine. Vainqueur, il apprend par l'organisatrice, Gwendoline Starr (Nathalie Emmanuel), qu'il est l'élu qui va permettre à un petit groupe de braqueurs de mener à bien trois opérations difficiles... 
 
   Les prémisses n'annoncent rien de très folichon. Il y a une épidémie de zombies aux États-Unis, conséquence des contaminations au Covid, le titre en lui-même n'est pas engageant et l'on se dit que cette création Netflix va nous entraîner dans une énième aventure façon «Ocean's eleven» sans en avoir le génie. 'Monumentale erreur', comme disait si bien Arnold Schwarzenegger dans l'un de ses films. Dès les premières minutes du prologue, le spectateur prend tout de suite conscience qu'il y a là un ton, une verve, un style, qui interpellent. Et la suite ne fait que confirmer cette première impression. La musique elle-même, co-écrite par le grand Hans Zimmer, joue un rôle important, et se montre en adéquation exemplaire avec les images et l'action. Alors, certes, l'aventure est centrée sur trois casses. Mais le réalisateur-acteur, grâce à un scénario inventif et original de Zack Snyder («Batman v Superman»), est parvenu à renouveler de manière ludique et souvent jouissive un genre particulièrement visité. Le quintette des braqueurs, emmené par la pétulante et charmante Gwendoline, est composé, comme il se doit, des meilleurs dans leurs domaines respectifs. Il y a Korina Dominguez (Ruby O. Fee), la spécialiste du hacking, Rolph (Guz Khan), pilote automobile hors pair, et Alexis (Stuart Martin), le gros bras, qui se fait appeler Brad Cage. Cerise sur le gâteau, est incorporé pour ses talents hors du commun, le blond et bouclé Sebastian, personnalité hybride qui allie la timidité et les affres d'un jouvenceau avec la maîtrise d'un subtil ouvreur de coffres-forts, grâce à son ouïe ultra fine.

 L'une des réussites de cette histoire tient à l'équilibre presque parfait entre comédie et sérieux, entre fantaisie et suspense, avec l'inévitable bouffée de mélancolie finale, qui pourrait annoncer une possible suite. Mais ce qui permet réellement à cette création de s'élever au-dessus du tout venant du genre, c'est l'idée originale d'avoir établi un parallèle original entre cette trilogie de braquages et la Tétralogie de Richard Wagner. Le prétendu inventeur de ces coffres ultra sophistiqués se nomme Hans Wagner et, passionné par l'œuvre de son homonyme, a nommé chacune de ses réalisations en se référant aux quatre opéras du maître de Bayreuth. Le premier, installé dans une banque parisienne, a pour nom 'Rheingold'. Le second, sis à Prague, s'appelle 'Walkyrie'. Le troisième, 'Siegfried', est abrité par un casino luxueux de Saint Moritz. Tout en travaillant à l'ouverture des coffres, accompagné par un extrait de l'opéra concerné, Sebastian en conte la trame à Gwendoline. Toute cette inventivité, servie par un rythme soutenu, donne à cette histoire une aura jouissive qui ne se prend jamais au sérieux, mais ne sombre jamais non plus dans le primaire facile. Une création qui n'a pas d'autre ambition que de divertir, mais en usant d'intelligence et d'originalité. Un excellent moment. 

   
Bernard Sellier