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Black mirror, Saison 1, série de Charlie Brooker, commentaire


Black mirror,
       Saison 1,         2011 
 
de : Charlie  Brooker..., 
 
avec : Daniel Kaluuya, Jessica Brown Findlay, Lindsay Duncan, Rory Kinnear, Rupert Everett, Justin Edwards,
 
Musique : Martin Phipps, Stuart Earl, Gabriel Fauré...


   
Saison 2

   
Ne pas lire avant d'avoir vu la saison

   
La Princesse Susannah (Lydia Wilson), adorée par les Britanniques, vient d'être enlevée. Une vidéo paraît sur Youtube avec une exigence du ravisseur pour le moins étrange. Le Premier Ministre, Michael Callow (Rory Kinnear) doit avoir une relation sexuelle avec une truie, filmée et retransmise en direct sur les chaînes de télévision... 
 
   Le premier épisode est passablement surprenant. Par son thème, plus qu'insolite, mais aussi parce qu'il détonne avec les sujets des épisodes ultérieurs. Dans cette histoire improbable, ce sont principalement les réseaux sociaux et les médias ('merdias' comme ils sont nommés actuellement avec juste raison), qui sont visés, aussi bien dans la toute puissance qu'ils ont auprès d'un public moutonnier que par leur absence totale d'éthique. Mais dans ce drame qui flirte avec le grotesque, nous demeurons dans un quotidien vécu en permanence. Le second épisode rompt de manière radicale avec cette vision contemporaine du monde. Celui qui nous est présenté est beaucoup plus désaxé qu'aujourd'hui, mais il est possible (si l'on est très optimiste !) de le situer dans un avenir assez lointain. Quoi qu'il en soit, les humains sont devenus des marionnettes pédalant à longueur de journées pour gagner des points qui leur permettront de survivre en bouffant de la nourriture synthétisée et en visionnant des écrans de débilités qui, elles, ne sont pas si éloignées que cela de ce qui nous est proposé actuellement sur le petit écran. 

   Changement de registre à nouveau dans le troisième et dernier épisode de cette première saison. L'intrigue se situe dans un univers quotidien qui semble contemporain, mais dans lequel une technique futuriste de puce intégrée enregistre en vidéo toutes les actions de son possesseur. Ce qui ne va pas sans provoquer des tensions intenses lorsque Liam (Toby Kebbell) soupçonne son épouse Ffion (Jodie Whittaker) d'entretenir une liaison avec un ancien amant, Jonas (Tom Cullen). Les deux derniers épisodes visitent clairement des dystopies plus ou moins éloignées de nous, mais, paradoxalement, Liam circule dans une voiture autonome dont le look appartient aux années 70-80. Étrange et déstabilisant.

   Il est difficile de porter une appréciation à la sortie d'une saison aussi courte. Si le premier sujet ne présente guère d'intérêt sur le plan d'une science-fiction dévoyée, les deux suivants entrent de plein pied dans une thématique aussi inquiétante que vraisemblable. Mais le résultat est, pour l'instant, très mitigé et l'enthousiasme modeste. Les récits semblent trop ancrés dans une atmosphère tantôt artificielle (le deuxième épisode), tantôt platement contemporaine, pour que le spectateur se sente véritablement propulsé dans l'univers apocalyptique suggéré. En revanche, il est tout à fait possible d'espérer qu'au fil des récits, les auteurs déploient une véritable plongée visuelle et dramatique dans les dérives que l'Intelligence Artificielle nous promet...  

  
   
Bernard Sellier