Boîte noire, film de Yann Gozlan, commentaire

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Boîte noire,
          2021, 
 
de : Yann  Gozlan, 
 
  avec : Pierre Niney, Lou de Laâge, Olivier Rabourdin, André Dussollier, Sébastien Pouderoux, Grégori Derangère,  
 
Musique : Philippe Rombi


   
Ne pas lire avant d'avoir vu le film

 
Un Atrian 800 de la compagnie European airlines, en provenance de Dubaï, s'écrase dans les Alpes. Le BEA, bureau d'investigation aéronautique est chargé de l'enquête. Victor Pollock (Olivier Rabourdin) part en urgence récupérer les boîtes noires. Contre toute attente, il choisit de se faire accompagner par Balsan (Guillaume Marquet) et non par son collègue habituel, Mathieu Vasseur (Pierre Niney). Le plus étrange est que Balsan rentre seul avec les boîtes. Pollock a disparu...
 
  Le fondement de l'histoire fait penser à celui du «Chant du loup», sorti il y a deux ans. Le 'personnage' principal est, si l'on peut dire, l'oreille de Mathieu. Étant donné que l'écoute de bandes sonores détériorées, de bruits non identifiés, n'est pas le concept le plus visuellement captivant qui soit, il était indispensable d'intégrer, autour de cette reconstitution sonore des évènements, une intrigue solide susceptible de tenir le spectateur en haleine durant deux heures. Le choix de cette histoire à facettes multiples, dont certaines évoquent les drames survenus il y a quelques années sur les Boing 737 Max, est pleinement réussi. Présent dans presque toutes les scènes, Pierre Niney campe à merveille ce spécialiste grand enfant attardé, inconsciemment frustré de n'avoir pu devenir pilote en raison de ses problèmes de vue, qui se montre implacable dans les tests subis par les pilotes, et s'investit à fond dans sa quête de vérité. Le récit bifurque à plusieurs reprises vers des explications diverses, au fur et à mesure que les découvertes et intuitions du jeune homme se présentent. Au bout du compte, nous avons droit à un suspense quasi policier dont l'intensité, pourtant non redevable à une quelconque violence, égale voire surpasse celle de nombreux thrillers. Belle distribution, parfois surprenante, car certains rôles (le pilote de Grégori Derangère, le spécialiste Victor...) sont vraiment très réduits. Le seul bémol réside dans la représentation du couple constitué par Mathieu et Noémie (Lou de Laâge), qui ne se montre guère convaincant. Leur scène d'amour au début du film, certes courte, manque singulièrement de justification et ressemble fort à une contrainte conventionnelle. C'est vrai, est-il concevable aujourd'hui, de ne pas intégrer une scène de sexe dans n'importe quel film ? Apparemment non, et ce qui est devenu un passage obligé flirte parfois avec le ridicule, tant le manque de naturel est flagrant. Ce n'est heureusement ici qu'un détail tout à fait secondaire, car le drame conjoint de ce crash et de son analyste se révèle captivant de bout en bout.    

   
Bernard Sellier