2045. Paris est divisé en trois zone sécuritaires, et c'est l'Intelligence Artificielle Alma, créée par Georges Kessel (Thomas Bangalter) qui est aux commandes de la surveillance totale des habitants. Kessel est assassiné un soir, et le ministre de l'Intérieur Théo Rimarval (Romain Duris) est persuadé que le commanditaire est Jon Mafram (Louis Garrel), ennemi juré de la politique ségrégationniste menée par le gouvernement. Zem Brecht (Gilles Lellouche) et Salia Malberg (Adèle Exarchopoulos) conduisent l'enquête...
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'on reconnaît immédiatement la patte du Cédric Jimenez de BAC nord. Agitation perpétuelle, montage survitaminé, et absence totale d'analyse psychologique des personnages, réduits à des machines à courir et à se faire tirer dessus. Ce qui frappe aussi d'emblée, c'est le look du film, avec des images gris sale, souvent noyées dans un brouillard, et des couleurs complètement désaturées. L'atmosphère est marquante et procure à l'ensemble du drame une patine originale qui s'imprime dans la mémoire. Mais en dehors de cet aspect visuel insolite, que retient-on de cette histoire ? Le sujet est d'actualité, d'un intérêt majeur, et son fondement ne peut être critiqué, d'autant plus que, aujourd'hui même alors que l'IA en est à ses débuts, nous assistons déjà à des déviances qui ne peuvent qu'inquiéter. (Voir cet article sur PhonAndroid, parmi de nombreux autres). Cela dit, exposer un thème passionnant et essentiel ne suffit pas en soi. Il nécessite un développement captivant habité par des composantes qui seront à la hauteur de l'enjeu originel. Or ce n'est pas vraiment le cas ici. Les rebondissements sont des plus simplistes (fausses accusations, découverte du véritable responsable), et l'intérêt de l'œuvre ne repose que sur l'énergie dévastatrice, voire brouillonne, qui parsème le drame. De plus, il est bien difficile de s'attacher à ce duo dont on ne sait rien et dont les membres semblent tout droit sortis d'une création numérique artificielle.
Beaucoup de bruit et de fureur pour un résultat qui peine à générer un quelconque enthousiasme.