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Coma,
      2019, 
 
de : Nikita  Argounov, 
 
  avec : Rinal Moukhametov, Action de Lioubov, Anton Pampushnyy, Milos Bikovic, Constantin Lavronenko,  
 
Musique : Ilya Andrus
    
   
Ne pas lire avant d'avoir vu le film
   

   
Victor (Rinal Moukhametov), jeune architecte victime d'un accident, se retrouve dans un monde extraordinaire dont il ne comprend rien. Recueilli par un petit groupe dont Fantôme (Anton Pampushnyy) et Mouche (Action de Lioubov), il est amené au chef du clan, un certain Yan (Constantin Lavronenko). Celui-ci lui apprend que tous sont dans le coma et sont intégrés à un monde composé des souvenirs de chacun... 
 
   Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ouverture de cette aventure improbable ne peut que marquer profondément le spectateur sur le plan visuel. Les décors dans lesquels évoluent les participants à ce cauchemar conscient sont composés de créations numériques qui ne manquent pas d'inventivité. Les bâtiments se construisent et se désintègrent en permanence, les autoroutes sont suspendues dans le ciel, bitume en bas, on passe d'une cité futuriste aux canaux vénitiens... À n'en pas douter, les concepteurs des effets spéciaux numériques n'ont pas chômé ! Sans parler des «faucheurs», sortes de créatures noires évanescentes, qui émanent des cerveaux en décomposition, et ne sont pas vraiment fraternels. Durant la première moitié du film, nous sommes plongés dans une sorte de Mad Max 2.0, avec quelques péripéties spectaculaires qui impressionnent davantage par leur intégration dans les décors extraordinaires que par leur originalité propre, qui ne dépasse jamais celle des scènes de survie classiques vues de nombreuses fois. À mi-parcours, une explication commence à se dessiner, et nous retombons dans le traditionnel, en compagnie du savant fou qui a décidé de créer un monde parallèle, beaucoup plus riche que celui dans lequel nous évoluons. C'est d'ailleurs là l'idée la plus intéressante de l'histoire, puisque l'univers ainsi créé par la mise en coma des participants offre à ceux-ci une remise à zéro de leurs personnalités terrestres, ainsi qu'une certaine possibilité de modeler leur environnement, un peu comme cela se passe, d'après certains écrits, dans le «Dévachan», lieu éthérique dans laquelle passent les âmes après la mort du corps physique. Au milieu de cette créativité visuelle intarissable, on en oublierait presque l'intrigue, d'autant plus que le dénouement laisse plutôt perplexe quant à sa vraisemblance. Mais celle-ci est-elle réellement capitale dans une oeuvre où l'imaginaire et l'impossible sont rois ?

   
Bernard Sellier