Images et Mots
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" The constant gardener ",
                2004,  
 
de : Fernando  Meirelles, 
 
  avec : Ralph Fiennes, Rachel Weisz, Hubert Kounde, Danny Huston,
Daniele Harford, Archie Panjabi, Bill Nighi,

 
Musique :   Alberto Iglesias
  
 

 
" The Constant Gardener ", 2004, 
 
de : Fernando Meirelles,  
 
avec : Ralph Fiennes, Rachel Weisz, Hubert Kounde, Danny Huston, Daniele Harford, Archie Panjabi, Bill Nighi, 
 
Musique : Alberto Iglesias 
 

















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   Justin Quayle (Ralph Fiennes) est un diplomate dépendant du Haut Commissariat britannique. A la fin d'une conférence, il fait la connaissance d'une jeune femme, Tessa (Rachel Weisz), charmante, mais particulièrement agressive envers la politique de Sa Gracieuse Majesté. Ils s'aiment, se marient. Quelques mois plus tard, ils sont dans le nord du Kenya. Tandis que Justin consacre son temps à entretenir son jardin, Tessa mène de mystérieuses actions en compagnie d'un médecin local, Arnold Bluhm (Hubert Kounde). Elle est assassinée au cours d'un déplacement. Arnold, lui, a disparu. Justin tente de comprendre qui était son épouse et quelle était sa mission... 
 
   Déchirement. Tel est le mot qui vient spontanément à l'esprit après la vision de cette oeuvre. Dans toutes les applications du terme. Celui d'un continent, qui ne parvient pas à s'extirper de l'engrenage fatal qui le conduit au désastre, malgré l'exemple de l'évolution, douloureuse, mais réelle, des méga nations, telles La Chine, l'Inde, pourtant elles aussi enracinées dans un traditionalisme pesant. Exception faite de quelques pays marginaux (Maroc) qui ont réussi à s'extirper du bourbier mortifère, tous ceux qui occupent le centre de l'Afrique sont la proie des haines ancestrales, de l'ignorance, de la famine, des conditions climatiques, de la sauvagerie primitive, ou de la cupidité de leurs dirigeants. Sans parler, évidemment, des intérêts manifestés par les Multinationales étrangères, ce qui constitue le sujet du film. Sous des apparences flatteuses d'aide humanitaire, se cachent indéniablement bien des manoeuvres souterraines, souvent plus inavouables les unes que les autres. Un ouvrage passionnant sur l'un de ces domaines est celui du Docteur Leonard Horowitz, "La guerre des Virus", paru il y a une dizaine d'années. Nombre de films ont été tournés avec, pour thème central, le combat sans merci des intérêts financiers contre les intérêts de l'être humain ("Mesures d'urgence"...). 
 
   Déchirement aussi dans la vie intime de ce couple. Tranquillement installé dans une existence dorée, protégée, Justin, homme relativement banal, sans envergure, se réveille soudain un jour dans un cauchemar déstructurant. Poussé par les coups de boutoir du destin, il va s'éveiller à une réalité, tant intérieure que sociale et politique, dans laquelle il s'était bien gardé, jusque là, de pénétrer. Qui était vraiment cette petite Tessa, énigmatique et bouillonnante ? Que cachaient ses multiples déplacements en compagnie d'Arnold ? Quel est le rôle de Sandy Woodrow (Danny Huston), l'ami bienveillant ? Autant de questions cruciales qui ouvrent la porte à un flot de révélations traumatisantes, qui désintègrent à jamais le cocon dans lequel sommeillait le tranquille jardinier. Contrairement à la manière dont sont conçus certains récits aux sujets analogues, le scénariste a choisi, ici, de ne pas partir d'un thème clair, délimité, que l'on insère ensuite dans un environnement événementiel aux péripéties soigneusement adaptées. L'opération est inverse. C'est à partir de fragments informes, de drames inexpliqués, de bouts de puzzle insignifiants, que prend vaguement forme une explication partielle de ces données brutes. Mais, au bout du compte, la source ultime de tout ce monstrueux gâchis n'est qu'une ombre, tant pour Justin que pour le spectateur. Parce que que les hommes, même puissants, ne sont que les rouages infimes d'une hydre quasiment abstraite : l'intérêt. 
 
   Déchirement enfin dans le style de l'oeuvre. Les quelques séquences romantiques sont balayées par le halètement de cette quête anarchique, souvent brouillonne, fréquemment filmée à la façon d'un reportage, au montage vif (peut-être trop parfois...), mais qui traduit fidèlement l'effervescence interne de l'homme foudroyé, son immixtion maladroite dans un monde agité, dans un univers complexe, dont les fils conducteurs lui échappent totalement. Ralph Fiennes se montre aussi sobre que bouleversant.  
 
   Dérangeant, surprenant, mais indispensable.

 
    
  Bernard Sellier
 

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