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Le crime du troisième étage,
      2026, 
 
de : Rémi  Bezançon, 
 
  avec : Gilles Lellouche, Camille Cottin, Guillaume Gallienne, Jenna Knafo, Isabel Aimé González-Sola,
 
Musique : Laurent Perez Del Mar


  
François Tarnowski (Gilles Lellouche) est un écrivain spécialisé dans les romans d'enquêtes situés à la fin du 19ème siècle. Son héros, Victor De Latour (Julien Aimé Martin) est un clone brillant et extraverti d'Hercule Poirot. Leur nouveau voisin, Yann Kerbec (Guillaume Gallienne) invite François et sa femme Colette (Laetitia Casta) à la pièce Hamlet dont il joue le rôle principal. Dans la nuit, Colette est persuadée d'avoir vu Yann tuer son épouse Nathalie (Jenna Knafo)...
 
  Durant l'ouverture du film, le spectateur a l'impression d'assister à une décalcomanie du Magnifique de Philippe de Broca, ici en costumes d'époque ancienne. Le James Bondesque Bob Saint-Clar est remplacé par un Victor De Latour, dont la pétulance égale le génie déductif. À l'origine de ces deux héros improbables, un écrivain qui remplit les chapitres de ses romans avec une régularité métronomique. Seule différence, Le François Merlin de Jean-Paul Belmondo est condamné à une vie miteuse, tandis que le François Tarnowski de Gilles Lellouche vit confortablement de ses créations. Une fois cette surprise passée, le récit nous entraîne dans une visite approfondie du Vertigo d'Alfred Hitchcock. En effet, Colette est une spécialiste hors pair du maître du suspense. Le reste de l'intrigue va donc se calquer sur le scénario du célèbre film d'Hitchcock. Deux appartements qui se font face, de larges baies vitrées qui permettent de plonger dans l'intimité du voisin, et, bien sûr, l'intuition féminine qu'un crime a été commis. Comme il se doit, l'histoire est pimentée par l'opposition des deux membres du couple. Colette veut foncer tête baissée dans une investigation approfondie, tandis que François freine de toutes ses forces cette impulsivité irréfléchie.

  Tout cela est vivant, rythmé, agréable à suivre, mais un esprit pointilleux se demandera tout de même ce qui reste d'original une fois qu'on a retiré les deux piliers fondamentaux sur lesquels s'appuie le film. Ce n'est pas gravissime, puisqu'il s'agit surtout de passer un moment ludique en compagnie de ces personnages. Dommage tout de même que Gilles Lellouche succombe de plus en plus à la manie djeune d'avaler un tiers de ses mots et d'omettre l'articulation de ses fins de phrases. 
   
Bernard Sellier