Images et Mots
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" Croix de fer ",
     ( Cross of iron ),      2004, 
 
de : Sam  Peckinpah, 
 
  avec : James Coburn, Maximilian Schell, James Mason,
 David Warner, Senta Berger, Klaus Löwitsch,

 
Musique : Ernest Gold, Peter Thomas
















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   1944. Pour l'armée allemande en Russie, c'est le début de la débâcle. Le Caporal Steiner (James Coburn) rentre à peine d'une mission difficile en compagnie de son petit groupe d'hommes qui l'idolâtre, lorsqu'il est présenté par le Colonel Brandt (James Mason) à un nouveau Capitaine, Stransky (Maximilian Schell). Celui-ci vient de demander sa mutation de France sur le front russe, afin d'obtenir la Croix de Fer qui revêt, à ses yeux, une importance capitale... 
 
    Même si le fondement du sujet ressemble comme deux gouttes d'eau à celui du "Crépuscule des Aigles" (affirmer sa valeur en décrochant la médaille tant convoitée), les ressemblances avec le film de John Guillermin ne vont guère plus loin. Trente ans ont passé depuis la première guerre mondiale et, si les motivations psychologiques demeurent immuables, les circonstances, les mentalités, les événements sont bien différents. Fidèle à son penchant pour le carnage (on se souvient de l'ouverture de "La Horde sauvage"), Sam Peckinpah aligne un certain nombre de séquences sanglantes, pas toujours, d'ailleurs, très lisibles (on ne distingue pas toujours très bien qui est qui...).

    Mais l'oeuvre se veut avant tout une dissection des personnalités composant un microcosme, plongé dans l'horreur du conflit, mais chacun apportant des motivations et des attitudes bien différenciées. Le Colonel Brandt, militaire de facture classique, est conscient des dures réalités qui attendent l'Allemagne, mais il se montre fidèle à ses devoirs et connaisseur en hommes. Il est amusant de constater qu'il affichait déjà la même distinction dans le film de John Guillermin, en tant que Général époux de la belle Ursula Andress... Le Capitaine Kiesel (David Warner), totalement désabusé, noie dans l'alcool et la fumée son désespoir résigné. Le Caporal Steiner, sous ses dehors de baroudeur efficace, cache en réalité une haine viscérale et obsessionnelle de l'officier, quel qu'il soit. Quant à Stransky, formaté par les codes aristocratiques qui lui imposent de revenir dans sa famille, décoré d'une haute distinction honorifique, il dissimule avec subtilité la personnalité d'un sadique maître en hypocrisie. Sa prétendue supériorité de classe et d'éducation se fracture rapidement devant la réalité de l'environnement, et ne tarde pas à rejoindre aux ordures la pseudo suprématie aryenne. La scène au cours de laquelle il parvient à faire confesser au Lieutenant Triebig (Roger Fritz) son attirance pour les hommes est sidérante de manipulation. 
 
    Parsemée de quelques séquences aussi traumatisantes que mémorables (l'attaque du bastion des femmes-soldats), l'oeuvre laisse un goût des plus amers, et ce n'est pas la dernière image, faussement détendue, qui entame l'impression durable de vivre la fin d'un monde. 
 

 
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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