Le daim, film de Quentin Dupieux, commentaire

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Le daim,
         2019, 
 
de : Quentin  Dupieux, 
 
  avec : Jean Dujardin, Adèle Haenel, Albert Delpy, Laurent Nicolas, Coralie Russier, Caroline Piette,
 
Musique : Janko Nilovic

 Ne pas lire avant d'avoir vu le film... 

 
Georges (Jean Dujardin) vit une séparation douloureuse. Il se retire quelques jours dans un coin mantagnard isolé et achète un blouson de daim à un particulier. Après quelques échanges et réflexions, il décide que dorénavant plus personne ne doit porter de blouson. Sous prétexte de tournage, il commence à récupérer les blousons de tous les apprentis comédiens qui se présentent... 

 Voilà le genre de pitch improbable qu'aucun aspirant scénariste n'oserait proposer à un producteur. Mais le Quentin Dupieux de "Au poste" ne recule devant aucun défi. Comme c'était déjà le cas pour le récent "Oranges sanguines", auquel on ne peut que penser en visionnant ce film, tout commence dans la tranquillité, même si celle-ci est traversée d'éclairs pathologiques. En effet, les échanges évoqués dans le résumé ci-dessus s'opèrent entre Georges et son blouson.  Ce qui n'est pas une situation des plus traditionnelles. Mais, hormis cela, le récit navigue dans un doux délire et la pathologie du héros ne semble pas dépasser les bornes de l'acceptable. Comme il est fatigant d'être seul à être aliéné, Georges se trouve une alter ego dans la personne de Denise (Adèle Haenel), qui se découvre une âme de monteuse à partir des plans pourris tournés par son nouvel ami. Pourquoi pas ? Ensuite, sous la pression de son blouson décidément très jaloux, Georges trouve une méthode plus radicale pour récupérer les blousons, à savoir trucider leurs propriétaires. Vu la logique qui inonde l'ensemble, on se demande comment cette histoire de malade peut se terminer. Nous laisserons le soin aux éventuels spectateur de cette œuvre débilissime, de découvrir l'issue de cette obsession. Il serait possible de se demander quelle signification transcendentale se dissimule derrière ce conte horrifique, mais, franchement, on s'en fout complètement. Nous avions gardé un souvenir nettement plus positif du précédent film de Quentin Dupieux "Au poste !", lui aussi pourtant pas mal déjanté. Mais peut-être notre mémoire nous joue-t-elle des tours pendables...
   
Bernard Sellier