Dans les angles morts, film de Shari Springer Berman , commentaire

  Bienvenue sur le site d'un manipulateur de mots, passionné d'écriture, de cinéma, de musique, d'ésotérisme...     
 A - Z 
 1 à 7* 
 Séries 
 Récents 

Dans les angles morts,
      (Things, heard & seen),     2021, 
 
de : Shari Springer  Berman, Robert  Pulcini,
 
  avec : Amanda Seyfried, James Norton, Charlotte Mayer, Ana-Sophie Heger, Kristin Griffith,
 
Musique : Peter Raeburn


 
 Ne pas lire avant d'avoir vu le film.

 Un peu à contre-cœur, la jeune Catherine Claire (Amanda Seyfried) accepte de suivre son mari, George (James Norton) dans une petite ville de province dans l'université privée de laquelle il a obtenu un poste. Ils emménagent dans une maison qui se révèle très rapidement hantée...

 Durant les dix premières minutes, on se dit : ça y est. Le film va nous refaire pour la millième fois le coup des lampes qui explosent, des objets qui prennent vie, des hurlements dans la nuit, des personnalités pour le moins inquiétantes, bref, tout le folklore que les spectateurs connaissent par coeur. En fait, ce n'est pas tout à fait exact. Car si le scénario convoque à plusieurs reprises le grand voyant Emanuel Swedenborg et son ouvrage «Du Ciel (et de ses merveilles) et de l'Enfer, d'après ce qui a été entendu et vu», le récit s'oriente progressivement vers une analyse de la décomposition d'un couple. Bien que le fond surnaturel perdure, les manifestations occultes se font plus discrètes, tandis que la psychologie des deux époux s'oriente dans des directions opposées, sous l'influence plus ou moins nette d'esprits désincarnés plus ou moins purs. L'équilibre entre les données objectives et les influences mystiques est assez remarquable, grâce à l'ambiguïté de certains personnages, au premier rang desquels trône le mari très perturbé, mais aussi grâce à la tenue dramatique d'un scénario simple mais efficace. Il est d'autant plus dommage que celui-ci se croie obligé de convoquer dans sa dernière longueur le souvenir de «Shining» d'une manière prosaïque et voyante (la hache et le zoom final sur la photo). A posteriori, cette tragédie intimiste laisse un souvenir mitigé, comme si le couple formé par les deux réalisateurs-scénaristes avait initié une création personnelle, mais n'avait pas réussi, in fine, à s'affranchir d'un modèle kubrickien aussi impressionnant qu'inégalable.

   
Bernard Sellier