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Dans les bois,
      (The woods),     Saison 1,     2020, 
 
de : Dawid  Leszek..., 
 
  avec : Grzegorz Damiecki, Agnieszka Grochowska, Hubert Milkowski, Arkadiusz Jakubik, Victoria Filus,
 
Musique : Lukasz Targosz

 ❤❤❤ 

   
Ne pas lire avant d'avoir vu la série

   
1994 en Pologne. Dans un camp de vacances d'été, dirigé par Dawid Goldsztajn (Jacek Koman), quatre adolescents disparaissent un jour dans la forêt. Deux cadavres, celui de Monika Sowik (Kinga Jasik) et celui de Daniel Kotler (Jakub Gola), sont retrouvés. Mais deux autres enfants, Kamila Kopinska (Martyna Byczkowska) et Artur Perkowski (Adam Wietrzynski) demeurent introuvables. Vingt-cinq ans plus tard, Pawel Kopinski (Grzegorz Damiecki), frère de Kamila, est devenu procureur. La police le convoque un jour pour identifier un inconnu tué récemment. Pawel est sûr de reconnaître Artur...

     La collaboration de l'écrivain Harlan Coben et de Netflix nous conduit cette fois-ci en Pologne. Le froid que l'on imagine régner dans ce pays nordique a-t-il imprégné le scénario ? Toujours est-il que la déconvenue est au rendez-vous. Il faut préciser tout de même que c'est une erreur fondamentale à ne pas commettre que de visionner cette série juste après le volcan dramatique en éruption qu'était «Innocent». Si l'on porte un regard objectif sur cette histoire, force est de constater que les thématiques classiques d'Harlan Coben sont présentes. Des disparitions inexpliquées, des secrets soigneusement gardés, des personnages ambigus, des révélations qui surgissent au compte-goutte, des vengeances en différé, presque tous les ingrédients sont là... Mais ce qui est important en l'occurrence, c'est le «presque», et on se rend compte ici que ce n'est pas la présence calculée des composants d'un plat qui rend celui-ci forcément goûteux. Les acteurs, tous inconnus chez nous, ne sont pas en cause. Pawel et Laura, en particulier, ne manquent pas de charisme et d'expressivité. Mais ils ne peuvent pas transformer en oeuvre miraculeuse un scénario qui manque singulièrement de densité dramatique. Les enjeux sont disparates, les rebondissements manquent de mordant et même la relation renaissante des deux héros paraît éteinte, privée de coeur et de tonus. C'est comme si le brasier que l'on découvrira dans «Innocent» était ici tiédasse, au point que le spectateur peut éprouver pas mal de difficulter à se passionner pour cette histoire à la dramaturgie très diluée.  

    Une franche déception, surtout lorsqu'on vient de découvrir un Harlan Coben sous son meilleur jour...
   
Bernard Sellier