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Dark matter,
      Saison 1,     2024
  
de : Blake  Crouch, 
 
avec : Joel Edgerton, Jennifer Connelly, Alice Braga, Oakes Fegley, Jimmy Simpson,
 
Musique : Jason Hill, Mac Quayle

 Saison 2 

 Ne pas lire avant d'avoir vu la série...

 
Jason Dessen (Joel Edgerton), professeur de physique à l'université de Chicago, vit avec sa femme Daniela (Jennifer Connelly) et leur fils Charlie (Oakes Fegley). Un soir, il est agressé par un inconnu qui l'entraîne dans une zone industrielle isolée. Lorsqu'il se réveille, il se rend compte qu'il est considéré comme un savant génial, disparu depuis plus d'un an. La psychologue Amanda Lucas (Alice Braga) affirme même vivre avec lui depuis plusieurs mois...
 
 La thématique de cette abracadabrante histoire est révélée dès la première scène, avec le professeur Jason Dessen qui explique à ses étudiants la célèbre expérience de pensée imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger pour exposer l'état de superposition quantique. (Le chat de Schrödinger). Le spectateur comprend très vite que la version 1 de Jason Dessen, tranquille professeur, a été remplacée aurpès de sa femme Daniela par une version 2 du même Jason, grâce à la découverte d'une drogue permettant d'éviter l'effondrement de la fonction d'onde. C'est-à-dire permettre à deux possibilités de la même forme humaine de coexister simultanément, que ce soit dans le même monde ou dans des mondes parallèles. Le passionnant sujet des multivers est sur le banc d'étude de nombreux physiciens et diverses théories coexistent.

 Sur le papier, cela paraît particulièrement obscur, mais le scénario parvient sans trop de peine à éviter que le spectateur se perde entre les différentes versions de Jason, tout au moins jusqu'à l'épisode 8. Si la concomitance des différents univers est à l'évidence spectaculaire (Jason et Amanda vont déboucher successivement sur des mondes glaciaires, submergés par les eaux, détruits par une pandémie...), la partie la plus intéressante réside dans les multiples couches de conscience et de rayonnements psychiques qui donnent naissance à ces univers à la fois semblables dans leurs supports physiques mais diversifiés sur les plans évènementiels. La motivation première de l'acte initié par Jason 2 naît du fait que, dans la version du monde qu'il habite, il a laissé fuir celle qui était un obstacle à ses projets scientifiques, en l'occurrence une Daniela 2. Sa capacité de passer d'un plan à un autre lui a fait prendre conscience que son choix était mauvais, au point de vouloir prendre la place du Jason 1 qui, lui, avait privilégié l'amour à la réussite scientifique. L'extrême difficulté à réintégrer l'univers originel rappelle la thématique développée dans Outlander.

 Un sujet tout à fait captivant. Le résultat est-il à la hauteur des attentes ? Oui et non. La construction dramatique est efficace, mais à partir du huitième épisode, le scénario sombre un peu dans le n'importe quoi, avec l'irruption soudaine, d'une ribambelle de clones venus de multiples univers. Pourquoi surgissent-ils tout d'un coup, le récit ne nous le dit pas. D'autre part, le rebondissement final qui survient comme un cheveu sur la soupe, avec des personnages qu'on a oubliés depuis longtemps, et alors que la série pourrait se clore sans dommage, ressemble fort à un forcing artificiel pour nous embarquer dans une suite peut-être dispensable. Enfin, dernier point bien sûr discutable, l'interprétation de Joel Edgerton, toujours maussade, renfrogné, même quand il retrouve sa chérie, et toujours d'une expressivité plus que restreinte, est loin d'encourager le spectateur à poursuivre l'aventure. Une série intéressante mais en demi-teinte... 
   
Bernard Sellier