Images et Mots
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" Dernier train pour Busan ",
       ( Busanhaeng ),      2016,  
 
de : Sang-ho  Yeon, 
 
  avec : Yoo Gong, Soo-an Kim, Yu-mi Jung, Sohee,
Dong-seok Ma, Woo-sik Choi,

 
Musique : Jang-young Gyu
















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   Seok-woo (Yoo Gong) est un financier sans états d'âme et divorcé. Pour faire plaisir à sa fille Soo-an (Soo-An Kim) il accepte de l'emmener par le train à Busan, où habite sa mère. Mais une épidémie qui rend les gens cannibales menace à tout instant les passagers non encore contaminés... 
 
   Cet énorme succès en Corée entre rapidement dans le vif du sujet, et ce n'est pas une figure de style ! Là où la plupart des films catastrophes hollywoodiens prennent en général leur temps pour présenter une brochette de protagonistes, le film de Sang-ho Yeon plonge d'emblée dans ce qui fait mal, dans ce qui hurle toutes babines sanguinolantes dehors, avec une frénésie totalement flippante. Evidemment, on peut se dire que cent dix minutes au cours desquelles le spectateur ne voit que des hordes de zombies se ruer sur les quelques survivants indemnes, avec son lot habituel de lâches et de héros, c'est très long et ça risque de manquer de renouvellement dramatique. Eh bien, ce serait une grossière erreur. Car non seulement l'overdose ne se présente pas, mais surtout l'empathie envers les personnages qui tentent désespérément d'échapper aux cannibales s'accroît régulièrement au fil des épisodes tragiques. Visitant à l'occasion le heurt des classes sociales, entre l'égoïste financier et l'herculéen prolétaire primaire, l'aventure parvient à souder les extrêmes dans une course contre la montre et la mort absolument poignante. Sans compter que certaines images resteront imprimées durablement dans les rétines, comme par exemple cette grappe humaine entraînée par la locomotive à l'approche de Busan. De plus, la réalisation utilise avec un art souverain l'espace restreint dans lequel se déroule la majeure partie du film, évoquant à ce point de vue une autre réussite du genre, l'original "Snowpiercer". 
 
   Avec un budget paraît-il limité, et une thématique primaire, le réalisateur parvient à nous offrir une oeuvre puissante, rythmée en diable, particulièrement effrayante, mais capable de développer émotion et humanité avec un sens de l'authenticité exceptionnel.

 
      Bernard Sellier
 

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