Images et Mots
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" French cancan ",
            1955, 
 
de : Jean  Renoir, 
 
  avec : Jean Gabin, Françoise Arnoul, Maria Felix, Giani Esposito,
Jean-Roger Caussimon, Jacques Jouanneau, Jean Paredes, Michel Piccoli,

 
Musique : Georges van Parys
















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    Henri Danglard (Jean Gabin) possède un cabaret parisien, la "Dame blanche". Il fait un jour la connaissance d'une jeune lingère, Nini (Françoise Arnoul), dont il remarque les talents de danseuse. Il la convainc d'intégrer le cours d'une ancienne star du french cancan, et, malgré les discordes ainsi que les problèmes d'argent, décide de créer ce qui sera le "Moulin rouge"... 
 
   Deux décennies après ses oeuvres majeures ("La grande illusion", "La règle du jeu", "La chienne"...), Jean Renoir nous offre ici une fresque haute en (très brillantes) couleurs, gorgée de vie, de mouvement, de cris, d'envolées lyriques ou caustiques et, accessoirement, de sensibilité, voire de romantisme (la personnalité du Prince Alexandre). Dans cette agitation permanente, dans cette frénésie grouillante du Paris coquin de la Belle époque, où trônent des personnalités incandescentes (l'inénarrable et venimeuse de Lola de Castro de la Fuente de Extremadura ("La belle abbesse"), incarnée avec un volcanisme monumental par Maria Felix), évolue avec un surprenant détachement un Jean Gabin presque lunaire, totalement imprégné par la création artistique. Autour de lui gravitent quelques représentants des différentes classes, du bourgeois avide s'encanailler aux rigides militaires, en passant par le petit peuple et ses pickpocket (un jeune Jacques Jouanneau aisément reconnaissable à sa voix très particulière). Il est assez intéressant de constater que, déjà à l'époque !, certains parisiens se plaignaient de l'arrivée d'étrangers ! Si l'on excepte certains accents redoutables et quelques scènes qui datent, l'oeuvre a bien vieilli. L'énergie qu'elle dégage est communicative et serait capable de faire danser des moribonds. Il n'empêche que l'histoire et son traitement affichent une superficialité gouailleuse qui empêche d'éprouver une empathie profonde envers ces personnages et leurs aspirations très légères. A noter un Casimir le serpentin (Philippe Clay) délicieusement baroque, et une courte apparition d'Edith Piaf...

 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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