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Gunman,
        2015, 
 
de : Pierre  Morel, 
 
  avec : Sean Penn, Idris Elba, Jasmine Trinca, Javier Bardem, Ray Winstone, Mark Rylance, Daniel Adegboyega,
 
Musique : Marco Beltrami

  
   
Jim Terrier (Sean Penn) travaille au Congo, en 2006, pour protéger la construction d'un aéroport. En fait, il a un second emploi, celui de tueur à gages, pour le compte d'une grosse société minière. Il reçoit un jour la mission de liquider le ministre congolais des mines et de disparaître ensuite. Sa compagne, Annie (Jasmine Trinca), ignorant tout de son activité réelle, se retrouve seule, confiée à un ami, Felix (Javier Bardem)... 
 
   Que demande-t-on au héros d'un polar musclé ? Une prestance qui en impose, une voix mâle et autoritaire, une stature impressionnante, des mâchoires obstinément serrées, et, bien sûr, du muscle pour éliminer les méchants. Genre Jason Statham ou Liam Neeson, dont le réalisateur a réussi à faire un agent diablement efficace ("Taken" et ses suites). A priori, Sean Penn ne paraissait pas le candidat idéal pour ce type de prestation. Pourtant, le visage buriné, les traits usés, vindicatif à souhait, atteint, qui plus est, d'un syndrome post-traumatique qui lui perturbe les neurones, il ne manque pas de panache et de puissance. Pour se donner des airs de respectabilité et attirer une bienveillance difficile à concilier avec la violence d'un polar brut, l'histoire convoque des images d'archives et un petit air de documentaire sur les exactions commises en Afrique par les multinationales avides et sans scrupules. Cet enrobage humaniste ne fait guère illusion, même s'il a le mérite d'exister, et le film se résume rapidement à une énième poursuite sanglante et implacable envers un homme solitaire, devenu la cible de ses employeurs, comme le fut jadis Jean-Paul Belmondo dans le mythique "Professionnel". Pierre Morel possède du métier, sait exploiter au mieux les scènes explosives et ne manque pas d'utiliser la couleur locale pour un final tauromachique coloré mais classique. Rien de bien nouveau sous le soleil des règlements de compte virils...

   
Bernard Sellier