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Jacquou le croquant,
      2007,  
 
de : Laurent  Boutonnat, 
 
  avec : Gaspard Ulliel, Leo Legrand, Marie-Josée Croze, Albert Dupontel, Tchéky Karyo, Olivier Gourmet, Jocelyn Quivrin, Dora Doll, Malik Zidi,
 
Musique : Laurent Boutonnat

  
   
Ne pas lire avant d'avoir vu le film  

    Le père (Albert Dupontel) du jeune Jacquou (Leo Legrand) tue le régisseur du compte de Nansac (Jocelyn Quivrin), qui avait blessé sa femme Françou (Marie-Josée Croze). Il devient dès lors un criminel d'autant plus traqué qu'il avait été nommé colonel par Napoléon à Waterloo. Arrêté et envoyé aux galères, il meurt à son arrivée. Désespérée, Françou décède peu après. Jacquou se retrouve seul et errant. Il est recueilli par le curé Bonal (Olivier Gourmet) et le Chevalier de Galibert (Tchéky Karyo)... 
 
   Mais pourquoi diable les scénaristes et réalisateurs ne sont-ils pas capables de respecter les romans qu'ils adaptent ? Si la trame romanesque ne leur convient pas, qu'ils créent leurs propres scénarios ! Josée Dayan nous avait déjà fait le coup dans son "Comte de Monte Cristo", avec, dès les premières minutes une falsification, en forme de contresens majeur ( l'attitude du substitut Villefort envers Edmond Dantès ), qui d'un coup brisait une importante partie de la dramaturgie. Et voici donc ici une altération majeure elle aussi, puisque dans le roman, la jeune Lina (Judith Davis) se suicide, croyant son ami Jacquou mort, ce qui décuple naturellement sa haine légitime envers les Nansac. 
 
   Alors est-ce une stupide propension à vouloir coûte que coûte édulcorer le drame et clôturer cette sombre histoire avec le happy end de deux amoureux s'éloignant bras dessus bras dessous ? Est-ce un mépris pour le roman dont est tiré le film, comme c'est le cas par exemple de la calamiteuse adaptation de Dumas ( "La vengeance de Monte-Cristo" ), par un Kevin Reynolds qui ne se gêne pas pour clamer son peu d'estime pour ce chef-d'oeuvre ? C'est incompréhensible ! Et surtout détestable. 
 
   Ce flot de bile éjecté, reconnaissons que la reconstitution d'époque se révèle assez convaincante, que certaines scènes manifestent un réel sens épique et que Gaspard Ulliel ne manque pas de charisme. Mais ce serait injuste de ne pas saluer aussi l'incarnation sensible et intense du jeune Leo Legrand, dans le rôle de Jacquou jeune. Et on ne peut qu'être ému de retrouver Jocelyn Quivrin, décédé deux ans plus tard, dans la peau de l'odieux Nansac, dans laquelle, il faut l'avouer, il se montre pleinement convaincant.
   
Bernard Sellier