Images et Mots
  Bienvenue sur le site d'un manipulateur de mots,
  passionné d'écriture, de cinéma, de musique, d'ésotérisme...


" J'ai rencontré le Diable ",
     ( Akmareul Boatda ),    2010, 
 
de : Jee-woon  Kim, 
 
  avec : Byung-hun Lee, Min-sik Choi, Gook-hwan Jeon,
 
Musique : Mowg
















*******

 
  
         




















































 
 
   La fiancée de Kim Soo-hyeon (Byung-hun Lee) est agressée alors qu'elle est tombée en panne au milieu de nulle part. Son corps, démembré, est retrouvé un peu après. Fou de douleur, Soo-hyeon part à la recherche du criminel. Lorsqu'il l'a découvert, il commence un harcèlement intense et violent... 
 
   A priori, il était possible d'attendre une oeuvre de vengeance comme le cinéma nous en a fourni de multiples exemples. En réalité, il n'en est rien. Délaissant aussi bien les rituels d'exécutions sommaires, comme nous en offrait jadis Charles Bronson dans sa série des "Justiciers" (qui, soit dit en passant, ressemblent en comparaison à de gentils divertissements !), que les longues enquêtes gorgées de fausses pistes ou de rebondissements savamment calculés, le réalisateur orchestre une sorte de concours de sado-masochisme entre deux personnalités extrêmes, l'une atteinte de folie pathologique naturelle, l'autre contaminé par une folie délirante née du désespoir. Tel un félin jouant avec la souris qu'il a capturée avant de la tuer, Soo-hyeon tente d'imprimer dans la vie quotidienne du meurtrier un amoncellement de souffrances étalées dans le temps, afin de lui faire goûter l'enfer en retardant le plus possible sa précipitation définitive. Le propos est exploité de main de maître, tant dans la réalisation paradoxalement esthétisante (les bleus superbes et les rouges éclairent ce récit fondamentalement noir), que dans le jeu des acteurs, et la présence de personnalités extrêmes (le boucher cannibale exécutant ses victimes sur la musique du Carmen de Bizet !). Au-delà de la réussite exceptionnelle d'un drame hors normes qui lorgne au final vers le "Seven" de David Fincher", il est légitime de s'interroger sur les motivations qui ont conduit à cette oeuvre incontestablement malsaine. S'agit-il d'une entreprise de voyeurisme complaisant, ou bien d'une exploration dramatiquement pathologique d'êtres torturés ? A chacun de se forger son opinion. Ce qui est évident, c'est que le film ne peut laisser indifférent !  
  
 
Bernard Sellier
 

Avertissement : Tous les textes présents sur le site sont la propriété de leurs auteurs ou des maisons d'édition. 
 
Le Site " Images et Mots " est déposé auprès de la Société des Gens de Lettres et protégé par le système CLEO.