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La jetée,
    (El embarcadero),     Saison 1,         2019 
 
de : Álex Pina, Alex  Rodrigo..., 
 
avec : Álvaro Morte, Verónica Sánchez, Irene Arcos,  Roberto Enríquez , Cecilia Roth, Marta Milans,
 
Musique : Iván Martínez Lacámara, Manel Santisteban


   
Saison 2

   
Ne pas lire avant d'avoir vu la série 
 
   Alejandra (Verónica Sánchez) vient juste de remporter un gros contrat architectural avec l'aide de son amie Katia (Marta Milans), lorsqu'elle apprend la mort de son mari, Óscar (Álvaro Morte), qui semble s'être suicidé. Mais lorsque la police lui remet les deux portables du défunt, elle se rend compte qu'il entretenait une vie parallèle avec une jeune femme, Verónica (Irene Arcos), vivant seule avec sa fille Sol (Luna Fulgencio), dans l'Albufera...

    L'histoire débute de manière assez conventionnelle, avec un sujet qui évoque le film de Georges Lautner dans lequel brillait Miou-Miou en 1983 :  «Attention, une femme peut en cacher une autre». Mais, en même temps, l'hypothèse d'une machination n'est pas complètement exclue. Les deux premiers épisodes laissent planer le doute en se contentant d'observer les conséquences psychologiques de ce double drame sur une Alejandra à la fois fragile et solide, ainsi que sur une Verónica au charme magnétique, superbe portrait d'une femme libre et responsable. Cette ambiguïté sur le véritable contenu du drame perdure jusqu'à la fin de la première moitié de la saison, où se dessine enfin une orientation criminelle qui semblait de plus en plus improbable. Jusqu'alors, le scénario se concentrait sur l'intériorisation des émotions, sur l'impact karmique des choix opérés, sur les motivations profondes des actes posés, ainsi que sur un parallèle entre la vie réelle et sa transcription romanesque à travers le roman commencé par Blanca (Cecilia Roth), la mère d'Alejandra. Mais cette analyse commençait à s'essouffler, car on ne voyait pas très bien où le récit voulait en venir, et l'impasse prévisible qui se profilait nécessitait un rebondissement majeur.

    C'est chose faite à la fin du quatrième épisode. Enfin, c'est ce qu'il semble. Parce qu'en fait, il ne s'agit que d'un léger soubresaut de l'intrigue, qui replonge ensuite dans l'analyse psychologique des sentiments complexes entretenus par Alejandra et Verónica. Cette relation ambiguë est disséquée de manière très subtile, tout comme l'est la fascination d'Alejandra pour un univers bucolique aussi fascinant que paisible. Mais, malgré ce raffinement dramatique et l'implication expressive autant que charnelle des deux jeunes femmes, le temps paraît parfois long, car la matière événementielle se fait rare. La révélation faite par Alejandra à Verónica ainsi que le dernier plan du huitième épisode laissent espérer une seconde saison sous haute tension.

   
Bernard Sellier