Images et Mots
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" Jeux d'enfants ",
             2003, 
 
de : Yann  Samuell, 
 
  avec : Guillaume Canet, Marion Cotillard, Gérard Watkins,
Gilles Lellouche, Thibault Verhaeghe, Joséphine Lebas-Joly,

 
Musique : Philippe Rombi
















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  Julien Janvier (Thibault Verhaeghe) a 8 ans, lorsqu'il perd sa mère (Emmanuelle Grönvold) d'un cancer. Son père, (Gérard Watkins), lui mène la vie dure, d'autant plus que le jeune garçon se plaît à provoquer les adultes, en compagnie de sa petite copine, Sophie Kowalsky (Joséphine Lebas-Joly). Lorsqu'ils deviennent adultes, les mêmes jeux de provocation se poursuivent... 
 
   C'est avec les paupières usées que j'ai émergé de cette vision ! Usées à force de les frotter pour être sûr que je ne rêvais pas après une prise d'acide, que j'étais bien assis devant un film français, terrien, et non pas devant une composition issue de la planète Krypton... J'ai eu l'occasion de visiter nombre de genres cinématographiques, de créations "artistiques" originales, parfois d'un hermétisme hymalaïen, mais jamais encore je ne m'étais trouvé en présence d'une oeuvre qui érige, avec autant de naïveté et d'aplomb, dans un cadre classique, l'invraisemblance en ligne directrice permanente !  
 
   Dans les premières minutes, l'esthétique nous donne l'impression d'assister à une clonerie du "Fabuleux destin d'Amélie Poulain". Mais cette sensation disparaît fort vite. Le récit de Jean-Pierre Jeunet est un modèle de vérisme à côté de ce qui se développe devant nos yeux. Le monde qui entoure les deux enfants est une véritable caricature de caricature. Alors, le mental rationnel fait naître l'idée que le passage à l'état "adulte" va rendre les personnages, les événements, les dialogues plus crédibles. Non seulement ce n'est pas le cas, mais le pire est encore à venir ! Ce qui n'était que farfelu devient carrément grotesque. Ce qui n'était que maladroit, en apparence, assume sans broncher son énormité. La recherche de l'originalité se métamorphose en une course poursuite du tape à l'oeil et du n'importe quoi. Entre les visions oniriques simplettes, pour ne pas dire ridicules, les effets boursouflés de caméra, les scènes outrancières, les dialogues patauds, les essais de bons mots prévisibles, les réactions délirantes, les provocations saugrenues, on ne sait à quel domaine attribuer la palme du grotesque. Comment est-il possible d'être sensible à des personnages aussi ubuesques, à des situations aussi préfabriquées, à une histoire qui cultive à ce degré l'improbabilité ? "Amélie Poulain" assumait son décalage, sa marginalité créatrice, grâce à la construction d'un univers cohérent, tant visuellement que sur le plan narratif ou psychologique.

   Ici, le réalisateur semble vouloir à toute force se démarquer du plus minuscule chemin capable de le ramener vers les rivages connus. Mais, en contrepartie, il ne propose qu'une accumulation de séquences dont la dissonance se veut tellement extrême qu'elle en devient inacceptable, insupportable. Tous les personnages ne sont que des pantins sans charisme, plutôt antipathiques, agités par des ficelles anarchiques. Il n'est pas un compartiment de l'oeuvre, que ce soit les relations internes, les ruptures, les défis, les rabibochages, les passages soi-disant comiques ou dramatiques, qui se montre crédible et générateur de sympathie. Ce n'est ni intelligent, ni émouvant, ni drôle, ni sérieux, ni onirique, ni magique... C'est... rien ! Sans doute à prendre dans un degré auquel je n'ai pas accès... Sans compter, cerise empoisonnée sur le gâteau, que nous est asséné, dans toutes les variations possibles, ce qui constitue pour moi (c'est une maladie, je le sais, mais je ne tiens pas à la soigner !), le cauchemar de la chanson rabâchée jusqu'à l'overdose vomitive, à savoir "La vie en rose"...
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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