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Jurassic Park,
           1993, 
 
de : Steven  Spielberg, 
 
  avec : Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough, Bob Peck,
 
Musique : John Williams

   
   
John Hammond (Richard Attenborough) a dépensé une fortune pour créer, dans une île au large de Costa Rica, un parc d'attractions unique au monde : la reconstituion de dinosaures clonés à partir de sang contenu dans des moustiques momifiés ! Tout est quasiment prêt mais les actionnaires s'inquiètent et envoient un avocat pour enquêter. Hammond fait alors appel à deux spécialistes des sauriens, Alan Grant (Sam Neill) et Ellie Sattler (Laura Dern). Il les convie dans son île espérant obtenir leur aval pour rassurer les détracteurs de son projet. Mais, pendant ce temps, l'un des employés, Dennis Nedry (Wayne Knight) reçoit une forte somme pour livrer des embryons à un laboratoire. Pour les dérober, il lui faut couper les sécurités du parc. C'est le début d'une catastrophe... 
 
   Malgré ses onze ans d'âge, ce qui est beaucoup au rythme de l'évolution des trucages numériques, ce film n'a aucunement vieilli. Certes, l'histoire tient sur une feuille de papier à cigarette. Mais Steven Spielberg possède l'art de passionner et de faire frémir le spectateur en racontant une aventure, aussi simple soit-elle. Il prend son temps pour installer le drame annoncé, amène lentement les différentes composantes du danger qui menace, nous sert au passage une petite réflexion sur la manipulation des forces naturelles, nous offre de beaux moments, comme la naissance d'un petit saurien. Puis, lorsque le moment est propice, il dégoupille son bouquet final à explosions multiples, admirablement structuré, utilisant toutes les ressources génératrices de panique : la nuit, l'enfance fragile, l'instinct de chasseur des dinosaures, le bruit, les synchronismes...  
 
   Les trucages sont criants de vraisemblance, le tricératops malade est plus vrai que nature, le T-Rex et les Vélociraptors semblent tout droit sortis d'un zoo contemporain. Et, si le déroulement ne sort jamais d'une prévisibilité bienséante ou convenue, l'ensemble réserve de beaux moments de frousse, surtout à l'intérieur des bâtiments. Alors, qu'importe si la caractérisation des personnages demeure au stade larvaire : Hammond est un grand gamin inconscient ; Grant, allergique aux enfants, déploie tous ses talents et son courage pour les secourir ; quant à Ian Malcolm (Jeff Goldblum), il est le "sage" de l'histoire. Simplicité, concentration de l'action, et grosses bébêtes infiniment plus crédibles que dans "Alien", voilà la recette efficace d'un film basique, qui marque une étape importante dans la matérialisation de créations fantasmagoriques.

   
Bernard Sellier