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La marche de l'empereur,
     2001, 
 
de : Luc  Jacquet, 
 
  avec : Charles Berling, Jules Sitruk, Romane Bohringer (narrateurs)
 
Musique : Emilie Simon

 
   
Un cycle annuel de vie, d'amours, d'accouchements et de dangers chez les Manchots Empereurs de l'Antarctique... 
 
   Après "Le dernier trappeur", voici la nouvelle vision d'une nature qui nous est totalement étrangère. Mais, contrairement au film de Nicolas Vanier, qui ne faisait pratiquement pas intervenir le monde animal sauvage, nous sommes ici plongés dans l'univers autarcique de ces êtres aussi attachants que surprenants, qui passent la plus grande partie de leur existence précaire, à marcher ( d'un pas à la fois élégant et cahotique ), pendant des mois, sur des étendues aussi désertiques, que gelées et inhospitalières (enfin, pour nous autres, fragiles bipèdes !). Il ressort tout de même de ce documentaire, que la vie d'empereur n'est pas une sinécure ! Son existence, depuis la naissance jusqu'à la mort, pourrait, d'ailleurs, être l'illustration du principe : "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! ". Des semaines de marche pour atteindre un lieu privilégié sur la banquise, une séduction et un accouplement rapides, le départ, pendant plusieurs semaines de la mère qui repart chercher de la nourriture dans la mer non congelée, tandis que le père réchauffe, tant bien que mal, l'oeuf pondu ; puis l'hypothétique retour de la mère qui doit arriver à temps pour nourrir le bébé, à supposer que celui-ci ait survécu au blizzard et aux prédateurs... Diable, on peut faire plus simple... 
 
   Soutenu par un accompagnement musical aux sonorités pas franchement originales, mais fort agréables, accompagné de commentaires personnalisés et de dialogues qui, parfois, flirtent avec le ridicule sans l'atteindre, ce parcours magique offre des moments de visions grandioses, de pure poésie, d'instants de grâce absolue, à l'instar de ces postures amoureuses qui ne sont pas sans évoquer l'art magique du tantra chez les humains. 
 
   Quatre vingt minutes offrant, certes, des images glacées répétitives, mais qui, somme toute, passent devant nos yeux avec ravissement et font de ces bipèdes étrangers des êtres particulièrement touchants.

   
Bernard Sellier