Images et Mots
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" Moi, Tonya ",
     ( I, Tonya ),      2017, 
 
de : Craig  Gillespie, 
 
  avec : Margot Robbie, Sebastian Stan, Allison Janney,
Julianne Nicholson, Bobby Cannavale, Paul Walter Hauser,

 
Musique : Peter Nashel
















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   Le parcours chaotique de Tonya Harding (Margot Robbie), championne américaine de patinage artistique, depuis ses débuts sur la glace, à l'âge de 3 ans, jusqu'au scandale des Jeux Olympiques d'hiver 1994, où elle est impliquée dans l'agression de l'une de ses rivales, Nancy Kerrigan (Caitlin Carver)... 
 
   Et quand on qualifie le parcours de chaotique, c'est un faible terme ! Car, dès son plus jeune âge, Tonya est soumise à l'autorité maniaque, hystérique, déchaînée de sa mère LaVona ( extraordinaire Allison Janney, un cigarillo toujours vissé aux lèvres ), qui, entre coups, insultes, délires, vacheries, lui mène une vie infernale. La rencontre avec son futur mari, Jeff Gilloly (Sebastian Stan) ne change guère l'orientation de sa vie, puisqu'il se montre particulièrement violent et imprévisible. 
 
   Dès lors, avec un tel cheminement, le spectateur pourrait s'attendre à une transcription cinématographique misérabiliste, ou, tout au moins, sensible. Surprise ! Il n'en est rien ! Bien au contraire. Réinventant à chaque instant le concept de biographie, l'oeuvre offre une narration décapante, innovante, acide, insolente, explosive, constamment chaotique, âpre, disloquée ( introduction permanente de plans postérieurs à l'histoire ), à l'image de la vie de cette championne hors normes. Car, à l'image de sa mère, Tonya n'a pas sa langue dans sa poche, allant même jusqu'à insulter les membres du jury. 
 
   En observant le tempérament de la championne, on ne peut qu'établir un parallèle avec John McEnroe, que l'on a retrouvé récemment dans le film consacré à sa rivalité légendaire avec Bjorn Borg ( 'Borg McEnroe' ). Mais la similitude reste dans le domaine des personnalités, car l'approche cinématographique se montre radicalement différente. Le film de Janus Metz, aussi intéressant soit-il, demeure ultra classique, tandis que Craig Gillespie renouvelle totalement le genre du biopic. Oscillant en permanence entre thriller improbable et drame burlesque à la façon des frères Coen, avec intervenants déjantés ( mention spéciale à Shawn (Paul Walter Hauser), en bouffon mégalomaniaque ) et sauts incessants entre récit et commentaires face caméra, l'oeuvre surprend, émeut ( grâce à l'exceptionnelle prestation de Margot Robbie ), et captive de bout en bout.  
 
  
Bernard Sellier  
 
 

 

 

 
 
 
  
 


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