Images et Mots
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" Monsieur Hire ",
                    1989, 
 
de : Patrice  Leconte, 
 
  avec : Michel Blanc, Sandrine Bonnaire, André Wilms, Luc Thuillier,
 
Musique : Michael Nyman
















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    Monsieur Hire (Michel Blanc) est un misanthrope. Il vit seul dans son appartement, est l'objet de la vindicte du voisinage, et passe des heures à observer sa jolie voisine, Alice (Sandrine Bonnaire). Un jour, une jeune femme, Pierrette, est assassinée. Un homme vêtu de noir a été vu entrant dans l'immeuble qu'habite Monsieur Hire. Il n'en faut pas plus pour que l'inspecteur de police (André Wilms) soupçonne le solitaire bougon. 
 
   Ce film est fondé sur la même oeuvre que le "Panique" tourné en 1946 par Julien Duvivier. Michel Simon, Viviane Romance et Paul Bernard y composaient un trio mémorable. 
 
   Michel Blanc, une lueur inquiétante au fond de ses prunelles fixes, est un choix incontestable pour ce personnage qui autoalimente son exclusion sociale et dissimule un visage blafard dans la pénombre de l'appartement qu'il n'allume jamais. Calfeutré dans sa réclusion intérieure, mais, et c'est sans conteste la volonté du réalisateur, linéaire et monocorde. En revanche, bien que son talent la rende tout à fait crédible, Sandrine Bonnaire et son regard tendrement humain, ne me semblent pas convenir pleinement à cette Alice manipulatrice et rouée. Patrice Leconte a gommé ces travers, sans doute pour mettre l'accent sur le désarroi intérieur de la jeune femme et son écartèlement entre l'amour et la répulsion pour son fiancé, mais le résultat n'est pas très probant. Son personnage est finalement excessivement neutre et sa trahison finale semble plaquée et presque maladroitement amenée. Quant au criminel, il est carrément transparent et quasiment escamoté. Ce qui est dommage pour l'équilibre psychologique entre les protagonistes de l'intrigue.  
 
   L'atmosphère générale est souvent crépusculaire, brumeuse, en harmonie avec la pénombre dans laquelle s'est enfermé Monsieur Hire. De même pour la musique de Michael Nyman, obsédante et répétitive à l'image des actes monotones qui scandent la vie de cet homme en quête d'un amour impossible. 
 
   Une semi réussite qui est loin de faire oublier la version noir et blanc dont, autant que je me souvienne, la tension constante et la violence sombre laissaient le spectateur pantelant. 
     


Bernard Sellier  



 




 

  
 

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