Bienvenue sur le site d'un manipulateur de mots, passionné d'écriture, de cinéma, de musique, d'ésotérisme...     

Nell,
     1994, 
 
de : Michael  Apted, 
 
  avec : Jodie Foster, Liam Neeson, Natasha Richardson, Richard Libertini, Nick Searcy,
 
Musique : Mark Isham

 ❤❤❤ 
   
   
Une vieille femme qui vivait totalement isolée dans une cabane au milieu d'une forêt de Caroline du Nord est retrouvée un jour sans vie par le jeune garçon qui lui portait ses courses. Appelé sur les lieux par le shériff Todd Peterson (Nick Searcy), le docteur Jerome "Jerry" Lovell (Liam Neeson) a la stupéfaction de découvrir une jeune fille dont personne ne connaissait l'existence, Nell (Jodie Foster). Totalement apeurée, elle refuse tout contact extérieur et prononce des mots inconnus. Lovell se rend auprès d'une spécialiste Paula Olsen (Natasha Richardson) qui souhaite faire interner Nell. Jerry s'y oppose. Le tribunal accorde trois mois d'observation aux deux parties. Les deux médecins s'installent donc à proximité de la cabane et Jerome entreprend de communiquer avec la jeune femme... 
 
   Il y a des réalisateurs qui se délectent de l'immersion profonde dans les parties les plus nauséabondes et destructrices de l'humain. Cette descente aux enfers donne alors naissance à "Reservoir dogs", "Funny games" ou "Crash". Et puis certains autres choisissent d'explorer les éléments positifs et créateurs de notre nature. C'est souvent beaucoup moins spectaculaire, très modérément aguicheur, mais on peut ressortir de la vision le coeur dilaté et l'âme légère. C'est le pouvoir de la magie blanche qui se dégage de "La vie est belle" ( celle de Frank Capra ! ), de "Peter Ibbetson", "Le convoi sauvage", ou de cette réalisation. Evidemment, il est facile de gloser sur l'aspect prévisible ou formaté de l'histoire. Certains critiques n'ont pas manqué de le faire. Cette pauvre enfant, abandonnée par la société, va se révéler d'une étonnante richesse intérieure une fois qu'elle aura réussi à surmonter ses angoisses et le couple des deux médecins, d'abord ennemis blessés intérieurement par la vie, trouvera son harmonie grâce à elle... C'est vrai. C'est trop beau pour être honnête, pourrait-on ergoter. Mais, après tout, pourquoi ?  
 
   Pourquoi cette éternelle suspicion dès que le positif l'emporte sur la destruction ? Le but de la vie est, qu'on le voie ou non, la construction. Notre petite vue infime des événements nous montre souvent l'aspect négatif, fossoyeur, de la création. Mais si nous avions l'intelligence d'élever notre vision et de contempler la globalité de l'univers dans la durée, nous ne contemplerions que développement, édification constante. C'est à croire que, dans les yeux de beaucoup de personnes, et de critiques cinématographiques en particulier, la négativité est devenue la vérité de la vie, la loi normale. Vous sortez un film où cinq cents personnes ont été effacées à coups de couteau, révolver, bazookas... c'est réaliste, "adulte"(le grand mot !) et concret. Vous osez une oeuvre sensible, dans laquelle la beauté se mêle à la bonté, et nous avons affaire à des relents de bigoterie, des illusions infantiles et de la sensiblerie de pacotille ! C'est lamentable et, surtout, stupide ! Car, sans renier bien sûr la présence en chacun de nous de l'ombre, il est évident que la lumière, l'Amour, est la seule Réalité, au sens absolu du terme, qui existe. Son opposé, la haine, n'est que la manifestation de son absence. Encore faut-il vivre cette expérience pour qu'elle devienne certitude... Là est le plus grand obstacle à la connaissance... 
 
   Pour en revenir à "Nell", outre la magnifique prestation de Jodie Foster, combien émouvante, ( tour à tour enlaidie par la peur ou retrouvant sa beauté naturelle radieuse ) ainsi que de Liam Neeson, profondément humain et sobre, nous assistons à une ode poétique, sobre et enchanteresse à la compassion. Cette qualité merveilleuse, souvent confondue à tort avec la pitié, qui est en fait l'application thérapeutique de l'énergie d'Amour. 
 
   Superbe et généreux...

   
Bernard Sellier