Images et Mots
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" Pour le pire et pour le meilleur ",     
( As good as it gets ),        1997, 
 
de : James L.  Brooks, 
 
  avec : avec : Jack Nicholson, Helen Hunt, Greg Kinnear,
Cuba Gooding Jr., Skeet Ulrich,

 
Musique : Hans Zimmer
















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   Avoir Melvin Udall (Jack Nicholson) comme voisin et copropriétaire n'est pas une sinécure ! Il est insolent, agressif avec son voisin homosexuel, Simon Bishop (Greg Kinnear), dont, à l'occasion, il balance le chien dans le vide-ordures, méprisant et lâche. Pourtant, il est auteur à succès, et se permet d'écrire sur l'amour ! Son principal contact avec le monde extérieur se résume aux repas qu'il prend dans le restaurant voisin, toujours servi par la jolie Carol Connelly (Helen Hunt). Le destin va se charger de secouer ses habitudes misanthropiques. Simon, agressé par des cambrioleurs, est hospitalisé. Son compagnon, Frank Sachs (Cuba Gooding Jr.), oblige Melvin à garder le chien. Puis c'est Carol qui quitte momentanément son service, pour soigner son fils asthmatique, ce qui perturbe définitivement le cadre rigide de l'écrivain... 
 
   La confrontation de deux tempéraments opposés, qui, de l'agressivité pure, vont progressivement passer à l'acceptation, voire à l'amour, est une source inépuisable de scénarios où la comédie le dispute à la gravité mélancolique. Jack Nicholson nous a récemment fourni, avec Diane Keaton, une sympathique variation sur ce thème ("Tout peut arriver"). Ici, il n'est pas question de sexagénaire en proie aux affres de l'épuisement prochain de la libido, mais à un cas pathologique sérieux, ce qui lui convient tout aussi bien ! Sujet, comme le déclare son psychiatre, à une "paranoïa compulsive émotionnelle", il tourne cinq fois la clé dans la serrure de sa porte, manie cinq fois l'interrupteur avant d'allumer, apporte ses couverts en plastique au restaurant, et, ce qui est plus gênant pour son entourage, manie l'insulte avec une maestria explosive (envers plus faible que lui).  
 
   Mais, on l'aura deviné, le pire négatif n'est jamais que du positif non manifesté. Et le charme d'Helen Hunt, associé à une noblesse intérieure spontanée, est capable de soulever des montagnes d'indifférence et de malveillance. Nous savons dès le départ, que l'évolution se fera dans le sens d'un rééquilibrage de cette personnalité plus que perturbée. Ce qui surprend agréablement, dans le traitement de l'histoire, c'est qu'il ne sacrifie jamais au clinquant, à l'artificiel. Le changement ne métamorphose pas un noir foncé en un rose bonbon factice, mais en un gris dans lequel apparaissent quelques veines rosées, annonciatrices, peut-être, d'une guérison future et d'une harmonie amoureuse difficilement édifiée. Comme pourrait le faire Simon dans l'une de ses créations artistiques, le réalisateur compose, à coups de petites touches, par le biais d'une multitude de mini-apprentissages, non pas un tableau idyllique final, dans lequel les amoureux vivent une union parfaite, mais une esquisse de ce qui pourra, éventuellement, donner naissance à une harmonie des coeurs et des comportements. Cet apprentissage de la sociabilité permet à Nicholson de se régaler, autant dans un cabotinage où il est passé maître, que dans des attitudes plus subtiles, lorsque l'image de lui-même que lui renvoient les deux autres membres du trio le placent en face de son incapacité foncière à communiquer sainement. 
 
   L'ensemble, assurément un peu long, aurait peut-être gagné à un raccourcissement d'une vingtaine de minutes. Mais, telle quelle, l'oeuvre se place bien au-dessus du tout-venant des comédies américaines qui fleurissent depuis quelques années. Intelligent, merveilleusement joué par Jack Nicholson, Helen Hunt et Greg Kinnear, le film distille un rire amer, une mélancolie digne, et, si le pathétique pointe parfois le museau, le larmoyant facile est toujours sagement évité. Si l'on ne devait retenir qu'une phrase, ce serait celle, douloureusement accouchée par Melvin, tant proférer un compliment lui est une épreuve surhumaine, qu'il adresse à Carol : "Vous m'avez donné envie de devenir meilleur"...
 
  
Bernard Sellier  
 
 
 
  
 


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