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Qui a tué Sara ?,
      (¿Quién Mató a Sara?),    Saison 2,    2021 
 
de : José Ignacio  Valenzuela, 
 
avec : Manolo Cardona, Ginés García Millán, Carolina Miranda, Alejandro Nones, Claudia Ramírez,
 
Musique : David Murillo R.


     Saison 1
  

   
  Ne pas lire avant d'avoir vu la série 
 
   Alejandro Guzman 'Alex' (Manolo Cardona) continue son enquête pour savoir qui a tué sa soeur Sara. Il apprend que celle-ci était atteinte de schizophrénie et suivie par un psychiatre. De son côté, José María 'Chema' (Eugenio Siller) est séparé de son compagnon Lorenzo (Luis Roberto Guzmán) et vit avec Clara Martinez (Fátima Molina), qui porte leur enfant. Quant à Mariana Toledo Lazcano (Claudia Ramirez), elle met fin aux jours de son protégé Elroy Silva (Héctor Jiménez), hospitalisé, qui menaçait de révéler quelques secrets compromettants. César Lazcano (Ginés García Millán), dénoncé au fisc par Alejandro, voit son casino investi par la police... 

    Il s'en passe des choses sombres dans l'entourage de la riche famille Lazcano et dans les investigations d'Alex. Car à la fin de la première saison, il découvrait, grâce à un journal intime de Sara bien dissimulé, qu'un cadavre inconnu était enterré depuis deux décennies dans le jardin de sa maison. Ce qui n'était évidemment pas très bon pour le matricule d'une personne qui vient de purger dix-huit ans de prison pour meurtre. La première saison ne manquait pas de suspense et d'intérêt, mais elle laissait tout de même un sentiment mitigé. Cette suite renforce encore l'impression originelle, en mêlant un entrelacs complexe et captivant de manipulations et de forfaitures, avec une artificialisation parfois lourde dans l'amoncellement des rebondissements.

    L'histoire ne manque pas de personnages riches, puissamment dessinés (Sergio, César, Mariana, Marifer, Rodolfo, et bien sûr Alex), attachants (Chema, par exemple, plus bodybuildé que Stallone, même s'il passe la plupart de son temps à se lamenter ; Elisa), intrigants (Elroy), et le spectateur ne peut pas reprocher au récit son manque d'inventivité dans les avalanches événementielles. Mais, a contrario, cette série n'échappe pas non plus à un certain nombre d'aspects irritants. Dans cette seconde saison, nous assistons à un surdécoupage permanent, qui donne certes un rythme soutenu à l'intrigue, mais présente plusieurs handicaps majeurs. Tout d'abord, les scènes affichent une brièveté souvent pénalisante, qui ne permet pas aux développements psychologiques de se déployer. Ensuite, les innombrables flashback, fréquemment répétitifs, quelquefois lourdements explicatifs de la séquence qui les précède, se montrent au mieux artificiellement plaqués, au pire inutiles, voire incongrus. Plus d'une fois leur justification semble uniquement relever du désir d'allonger la sauce pour remplir le quota d'épisodes. Certaines scènes sont d'une logique psychologique limite et ponctuellement incompréhensibles (Lorsqu'Alex, aidé de César, délivre Elisa prisonnière de Sergio, il part en voiture avec la jeune fille et retrouve César quelques secondes plus tard sur le chemin. Or les flashback qui suivent montrent César poursuivant Sergio durant un bon moment, le blessant, se faisant blesser, abattant le sadique, tout cela avant de quitter les lieux. J'ai dû rater quelque chose dans la logique de la scène...). Quant à certains effets spéciaux, ils n'ont guère été soignés (exemple l'accident de moto de Nicancro (Martín Saracho) : si on fait un arrêt sur l'image en plongée de la moto couchée et de la voiture (épisode 6 à 30'21" puis épisode 7 à 21'38"), aucune trace d'un quelconque enfoncement n'est visible sur cette dernière). Heureusement qu'ils sont tout à fait secondaires dans un drame axé à 99% sur les aspects psycho-sociolologiques.  

    Ce qui demeure tout de même le plus surprenant, c'est que le personnage central, qui donne son titre à la série, se montre particulièrement antipathique. Dans l'immense majorité des cas, la jeune fille disparue présente de nombreux côtés attachants, même si elle n'est pas toujours une blanche colombe. Ici, c'est carrément l'extrême opposé. Il est possible de voir ce choix comme positif, si on prend en considération la non conformité aux standards habituels et la hardiesse de peindre la victime avec des couleurs loin d'être pimpantes. Mais ce peut être aussi un handicap, car il est quasiment impossible d'éprouver une quelconque empathie pour cette «sociopathe» qui manipule tout le monde. Heureusement que nombre de personnalités compensent cette froideur pathologique. En revanche, le plan final, qui ouvre grand une porte vers une saison 3, laisse plus que perplexe, tant ce dernier rebondissement sent le réchauffé et la volonté à toute force d'étendre la série. Il n'est pas du tout sûr que nous y succombions.

    Cinq étoiles malgré tout, pour l'intensité dramatique qui enflamme cette peinture de famille maudite façon Atrides, ainsi que les sentiments et pulsions exacerbés qui animent la plupart des personnages.
   
Bernard Sellier