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Le silence de la ville blanche, film de Daniel Calparsoro, commentaire

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 1 à 7* 
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Le silence de la ville blanche,
     (El silencio de la ciudad blanca),       2019, 
 
de : Daniel  Calparsoro, 
 
  avec : Belén Rueda, Javier Rey, Aura Garrido, Manolo Solo, 
 
Musique : Fernando Velázquez


   
Ne pas lire avant d'avoir vu le film.
  
   
Un nouveau double meurtre aux apparences rituéliques vient d'être commis alors que le meurtrier condamné jadis pour ce type de crime, Tasio Ortiz de Zárate (Alex Brendemühl) est emprisonné depuis de nombreuses années. L'inspecteur Unai López de Ayala (Javier Rey) et la commissaire Alba Diaz de Salvatierra (Belén Rueda) mènent une enquête difficile. Et ce n'est que le début d'une série macabre...
 
   S'il y a des scénarios qui pèchent par manque de matière, c'est loin d'être le cas de celui-ci. Le mot 'silence' dans le titre, des meurtres pour lesquels l'aide d'un tueur en série emprisonné est requis... Ça ne vous rappelle rien ? Avec ce bagage déjà lourd à porter, le scénario se permet d'empiler en plus toute une série de complexifications secondaires. Il y a des références façon «DaVinci code» aux traditions ancestrales, des rituels magiques, une évocation du paradis perdu avec Adam et Ève unis dans une mort atroce. Tout cet amalgame pourrait à la rigueur contribuer à la construction d'un drame gothique horrifique, si la narration n'était pas aussi heurtée et globalement opaque. Durant toute une première moitié, on ne comprend pas très bien qui est qui, avec, pour corser le tout, des patronymes pour le moins complexes. Il y a beaucoup d'agitation, de poursuites (dont l'utilité semble parfois douteuse), des scènes dont on perçoit difficilement la justification, des réactions de personnages passablement surprenantes. Bref, tout cela donne une impression de fouillis projeté sur l'écran dans un désordre qui se veut artistique et symbolique. À mi-parcours, l'identité du criminel nous est révélée, ce qui n'est peut-être pas la meilleure initiative du scénario qui, ensuite, se déroule de manière assez traditionnelle, hormis le fait que le happy end n'est pas au rendez-vous. Ce n'est pas en soi regrettable. Ce qui l'est davantage, c'est que toutes ces mises en scènes de crimes, - avec leur lot d'abeilles ingurgitées, de fleurs posées sur le sexe, de tout ce décorum digne de fêtes sataniques -, paraissent singulièrement artificielles en regard de la vengeance ordinaire d'un homme jadis rejeté par sa mère. Les prétentions artistiques et symboliques véhiculées par le film donnent vraiment l'inpression que les scénaristes ont d'abord centré l'œuvre sur l'esthétique originale des exécutions, puis ont cherché dans un second temps comment intégrer ces spectacles impressionnants dans une histoire crédible. Le film laisse d'autant plus perplexe que l'ambition du projet paraît disproportionnée avec le résultat proposé à nos yeux.

   
Bernard Sellier